Janvier_1944

1944

1er janvier 1944

Commencé l’année à l’atelier où j’ai passé une tranquille journée à achever la cire de la Leçon de musique et à retoucher les coutures du moulage du Cantique. Il y avait des retouches à faire aussi dans les dessus.

Avec Lily[1], qui commence à sortir, nous avons fait un petit tour dans les rues désertes du parc, comme des petits rentiers. Le temps était très doux, dangereusement printanier. La lumière si jolie qu’elle donnait de la valeur aux tons bariolés des maisons bien quelconques du quartier. Mais sur le gris la moindre tache colorée prend une valeur.

2 janvier [1944]

Voici un exemple indiscutable de la fécondité des disciplines et de l’impuissance de leur abandon. Dans l’architecture : la pierre, avec toutes ses difficultés de dimension, de poids, de taille, d’appareillage, etc., a donné tour à tour la pyramide, le temple grec, la basilique romaine, l’arc de triomphe, invention spécifiquement romaine, l'église byzantine, la romane, le château fort, la cathédrale gothique, la mosquée, les châteaux Renaissance, le palais classique (Versailles), etc. Chaque titre de cette énumération évoque une image totalement différente, et j’en oublie. Et dans chaque catégorie, que de différences! Que de fantaisies! Entre la pyramide ou l'église romane qui s’aplatissent au sol et l'église gothique qui paraît au contraire se libérer de la pesanteur, s’élancer vers le ciel, c’est un monde de formes imprévues où l’imagination n’est nullement bridée pour les impératifs de la matière. En opposition, le ciment armé, qui permet tout, n’a donné qu’une architecture mécanique, d’une monotonie insupportable et d’une matière sinistre. Affreux amalgame de cailloux, de sable et de ferraille, c’est pour cela que des revues mensuelles le créent sous les vocables de Technique et Architecture, Architecture moderne. Il s’agit de préparer le terrain, c’est le cas de la dire, à la maison "machine à habiter" où, de même qu’on rêve de faire penser mécaniquement tous les hommes de la même façon, on rêve de les faire habiter dans des habitations toutes pareilles. Pour justifier le ciment, ses partisans n’ont qu’un argument : Modernisme. Encore un mot paravent derrière lequel se cache tout un monde de trafiquants, ingénieurs, gros entrepreneurs et des architectes à leur solde. "Modernisme", rubrique à ajouter à la table des matières de Idées reçues, sophisme, et attrapes nigauds. Mais il y est. La campagne qui semble avoir réussi, menée contre le "régionalisme" n’a pas d’autre objet que de préparer une opération de maison en série, à compartiments ajustables, dont on couvrira la terre entière. On a injurié les "Régionalistes". On leur a crié : "Vous êtes pas modernes!" Devant cette nouvelle Gorgone, ils ont reculé, affolés, épouvantés. Et l’on se partage d’avance, dans les rédactions, des gros dividendes et pourcentages.

3 [janvier 1944]

Bonne journée. Ce matin, retouche au plâtre du Cantique. Les coutures ratées me donnent bien du mal à réparer. Après-midi, j’ai commencé, avec modèle, l’étude du groupe du Père-Lachaise. Beau groupe à faire. Modèle bien, quoique un peu mince de volumes. C’est une fille qui a un beau squelette. Mais il faudrait qu’elle fasse de la culture physique pour amplifier ses muscles.

J’ai été voir Beltram retour d’Espagne. Il me dit que là-bas on ne pense qu’à ripailler. Les boutiques regorgent de victuailles. On n'y croit pas proche la fin de la guerre. En tous cas, on ne veut pas s’en mêler. Le pauvre Beltram peut à peine marcher, suite de sa pneumonie soignée au daguenan. Il a rapporté de Madrid les photos de portraits des grands personnages du moment dont certains ont de fameuses têtes et de bien jolies femmes.

Puis chez Mme Stoyanowski. Elle me reçoit en costume de femme hindoue. Elle est ravissante. Elle a pu savoir à-peu-près où est son mari. Après être resté un certain temps dans un camp aux environs de Metz, il est maintenant près de Cracovie. Il est maigre comme un squelette, mais a très bon moral. Entre son camp et l’endroit où il travaille, il y a huit km à faire. Et toute la journée, il coltine des sacs de ciment. Tous les hommes d’Europe coltinent des sacs de ciment. C’est pour cette besogne qu’on vient de supprimer les vélos taxis. Cette femme charmante est aussi certainement, une excellente femme d’affaires. Elle doit, sans doute, continuer les entreprises de son mari. Après avoir conversé seule un moment avec moi, elle m’a emmené dans son bureau où étaient dactylo et deux messieurs, dont un avocat M. Rousseau, ses conseillers, sans doute. Le whisky coulait à flots. Elle attend un laissez-passer pour partir à Monte-Carlo où, paraît-il, roulette, baccara, chemin de fer vont grand train. On y joue autant que jamais. L’Europe 1940-194?, quel panorama-reportage il y aurait à faire! Mais l’homme qui aura pu se promener librement de l’Oural à l’Atlantique et à la Méditerranée, où est-il? Pour décrire une fois de plus ces spectacles de carnage et de lucre, déchaînement de tous les appétits et acceptations de toutes les contraintes, une Guerre et Paix du XXe siècle, où tout cependant ne sera pas qu’horreur, où il y aurait aussi de l’héroïsme, une puissance de vie quand même et peut-être, tout de même, au bout du tunnel, un retour au bon sens et à la fraternité humaine, seul sentiment fécond.

4 janvier [1944]

Baudinière apporte quelques précisions sur la fameuse arme des représailles contre Londres. Ce serait un immense tube de trois km de long, enfoui sous terre. Un double courant électrique donnerait à un projectile énorme, du poids d’une douzaine de tonnes, un mouvement rotatif d’une telle rapidité qu’il serait projeté à plus de cent kilomètres. La déflagration produirait un vide glacé qui détruirait toute existence sur un immense rayon. Six à sept pièces seraient déjà installées sur les côtes, depuis Cherbourg jusqu’en Belgique. Elles ne pourraient pas tirer plus d’une dizaine de fois.

En attendant, les Russes annoncent avoir franchi la frontière polonaise 1939 à l’Ouest de Gitomir[2].

Je me sens en excellente forme de travail. J'espère avoir dans peu de jours le modèle pour Michel-Ange. Je mène de front le buste Baudinière, tout à fait sur la fin, ceux d’après photos de Bigot, de Bouglé, de Gaubert, l’esquisse-étude du Père-Lachaise[3] et les dessins pour la porte de l'École de médecine[4]. Mme Tournaire est venue voir Lily. Elle lui a raconté son attaque, chez elle, par deux énormes malandrins introduits par leur femme de ménage. Elle lui disait aussi qu’une religieuse de ses amis soigne dans un hôpital les blessés légers ramenés en France, en convalescence, avant de repartir pour le front russe. Beaucoup se sauvent et même se suicident plutôt que de retrouver cet enfer.

5 janvier [1944]

Il paraît que les assassins de Maurice Sarraut sont des hommes de la fameuse milice, dont Darnand, l’actuel préfet de police, sous un autre vocable, est le chef. Ce Darnand est un des "cagoulards" qui, il y a quelques années, avaient fait sauter deux immeubles dans le quartier de l’Étoile.

6 janvier [1944]

Commencer l’étude du groupe du Père-Lachaise[5], avec modèle. Une belle grande jeune femme un peu mince, mais posant fort bien. Tête sans caractère.

8 janvier [1944]

Journée tout en courses. Rue de Valois où je vois Perchot pour le classement du pavillon d’Artois à Veaux-sur-Seine. Puis Mortreux, pour cette pauvre Mme Vergnaud. De là, je fais cette belle traversée du Carrousel, du pont des S[ain]ts-Pères, et je vais chez Gaumont pour voir des bas-reliefs qu’il fait pour la Bibliothèque nationale. Un est très bien, très soigné d’exécution comme tout ce qu’il fait, assez canovesque.

Déjeuner du [ill.] en l’honneur de Maurice Donnay. Quel âge peut-il avoir? Puis, c’est la séance de l’Institut où Patrice Bonnet lit sa notice sur Defrasse. Auparavant on avait lu un rapport assez rassurant sur la villa Médicis, de Léon Bérard.

Réception chez Mme De Dampierre. Conversation avec Georges Lecomte et Paul Valéry. Tout le monde semble d’accord pour déplorer le désordre intellectuel qui affole le monde des artistes. Il paraît que la ville de Paris a commandé à ce peintre Bercier le portrait de Valéry! Il est encore éberlué de la tête qu’il lui a fait! Mais, chose bien sinistre : Darnand vient remettre aux Allemands une première liste de gens à arrêter. Parmi cette première fournée il y a l’ancien ministre Boutillon, le général Laporte-Duthiel[6], une quarantaine de préfets, des inspecteurs des finances. Ensuite il y aura une fournée de parlementaires. À treize ans, Darnand se montrait tellement indiscipliné qu’on le renvoyait de toutes les écoles. Il traîna jusqu’à 16 ans apprenti mécanicien, moment où il chercha à s’engager. La guerre 1914 commençait. Il ne fut accepté qu’un an ou deux plus tard car il était trop faible encore. Il termina la guerre comme sergent avec de beaux états de service. Après la guerre plongeon mystérieux. On le retrouve plus tard à Nice, à la tête d’une entreprise de camions, faisant le transport des bandes d’Action française sur les points de France où il y avait des troubles à organiser. Ainsi est-il à l'A[ction] f[rançaise], puis aux Cagoulards. Et le voici actuellement, après s’être engagé dans l’armée allemande et avoir juré fidélité au Führer, le véritable ministre de l’Intérieur en France. Qu’était cette cagoule qui a joué un rôle dans le destin de la France? Une association secrète dont le but était la destruction de la République. Il paraît que le général Giraud en faisait partie et d’autres très très hauts personnages militaires.

9 janvier [1944]

Gaston Gros revient voir le buste Baudinière. Il arrive avec sa femme et ses deux jeunes filles. Très enthousiastes. Quel charme que l’enthousiasme d’êtres jeunes! Gaston Gros prétend que la Hongrie et la Roumanie veulent se retirer de la guerre pour déclarer leur neutralité. Ce qu’avait voulu faire l’Italie. Dans le même cas, il leur arriverait la même chose qu'à l'Italie. Nul pays ne peut plus dire pouce et se retirer de l’horrible jeu. Viennent aussi les Brébant[7] qui ne savent rien d’intéressant. Mais qui sait quelque chose de vraiment intéressant, aujourd’hui? La parole, plus que jamais, est au canon. Qui peut dire quand, où, comment le canon décidera des événements.

À Expert, venu en fin de journée, je parle du projet de musée, aussi du Temple. Il faudrait reprendre position. Si la guerre et la période de troubles qui suivra ne durent pas trop, de grandes choses se réaliseront. À nous deux, Expert et moi, je crois que nous pourrions arriver à la réalisation. Il serait temps!

10 janvier [1944]

Ce matin, après la séance de la commission pour le prix du Salon et les Bourses de voyage, je reviens avec Bouchard. Il me dit qu’il a à faire un Victor Hugo pour remplacer celui de Barrias. C’est lui qui en avait fait la demande. Comme je n’ai rien demandé, on ne m’a rien proposé. Or, il paraît qu’étant donné le nombre des statues à remplacer, on ne trouvait pas assez de sculpteurs capables! Et on a vu attribuer à ces petits médiocres comme Yencesse, Collamarini et autres protégés des journalistes, de belles commandes qu’ils sont incapables de réaliser. Penser à ce que Yencesse et un autre ont fait pour Genève! Hier, Expert nous disait qu’on avait commandé à Paul Cornet, protégé de Jeanneau, une statue pour le Panthéon, et que celui-ci s’est mis au travail sans même consulter l’architecte. Ce Paul Cornet, voilà vingt ans que Guillaume Jeanneau essaye de le lancer. Il y arrive peu à peu, malgré les mauvaises choses, si médiocres et si banales en même temps, qu’il a exposées de temps en temps. Inutile d’avoir un gros bagage d’œuvres réussies derrière soi, si on ne va pas gémir dans les antichambres, le chapeau à la main.

Voilà maintenant notre petite Nadine[8] malade sérieusement. Elle vient de faire une diphtérie. Elle a des accidents sériques assez importants. Il semble qu’elle n’ait pas été énergiquement soignée au début. Avec ces difficultés de toutes sortes, malgré les nouvelles assez rassurantes sur la maladie elle-même, on est terriblement inquiet. Nous allons essayer de télégraphier.

On annonce que Marcel Déat serait nommé ministre de l’Intérieur. En Italie, Ciano et les autres membres du grand conseil fasciste qui avait voté contre Mussolini ont été condamnés à mort par un tribunal spécial réuni dans le Nord de l’Italie. Ciano, le comte Ciano, le beau grand jeune homme un peu gras, singe de son beau-père, voilà accomplie ta destinée. Je le revois quand j’allais le saluer à mon départ de Rome me disant :

— À bientôt, peut-être à Paris.

— Vous ne pouvez me faire plus plaisir qu’en me disant cela. Oui, oui il ne faut pas toujours aller vers les mêmes capitales.

C’était au moment où l’alliance se nouait avec Berlin.

Ici, cependant, le changement du personnel gouvernemental prévu, s’accomplit au compte gouttes. On s’en aperçoit à peine... comme on administre un poison lent. On nous mithridatise la contrainte.

11 janvier [1944]

Encore séance Baudinière. Peut-être considéré comme terminé. Retouche au plâtre du Cantique, buste de Gaubert. Mais je pense surtout au Michel-Ange que je vais commencer la semaine prochaine. Après, je ne travaillerai plus qu’à mes commandes.

Meilleures nouvelles de Nadine, la pauvre petite semble avoir été secouée terriblement par le sérum qui lui a été administré comme il ne fallait pas. Jacques[9] sera là dans quelques jours.

12 janvier [1944]

Ciano a été fusillé ce matin, en même temps que le maréchal del Bono et trois ou quatre autres compagnons de Mussolini. Lui, dit l’information, était trop malade pour avoir pu assister au procès. Comment ne pas évoquer, en ce moment, ce jeune Ciano, si content en 1933 quand je le vis pour la première fois à Rome. Il y a dix ans, guère plus. Quand son beau-père inaugure sa politique allemande, bien des fois il dit que l’Italie allait au désastre. C’était un garçon plein d’appétit et qui ne s’appauvrit pas. Del Bono était un des chefs de la marche sur Rome. Il fut un des complices qui, à l’instigation de Mussolini, tuèrent Matteoti. Il rapporta à Mussolini le portefeuille sanglant de Matteoti. Mussolini avait dans sa poche ce portefeuille quand, au lendemain de l’assassinat, à la tribune du parlement, il déclarait qu’il rechercherait impitoyablement les responsables de la disparition de son adversaire politique. Il les rechercha si bien que del Bono, en récompense, reçu le commandement de l’armée d’Abyssinie, qu’il commanda si mal, qu’il fut retiré de son commandement pour être remplacé par Badoglio. Badoglio, ce grand militaire dont toute la stratégie tient dans les gaz asphyxiants. Mais cela, c’est une autre histoire. Il y a eu des condamnés par contumace. Parmi eux, grandit le jeune Bottai, fils d’un marchand de vin du Transtevere, qui était maire de Rome quand j’étais directeur. Dino Alfieri[10], ce diplomate joli garçon qui ne pense qu’aux femmes, Federgoni le président du Sénat, l’ami du cher Aymone, l’ami de Diego Angeli, chez qui je les rencontrais souvent tous les deux, via Gregoriana. Que c’est loin! Il y a quarante ans, et nous allions dîner ensemble dans quelque trattoria. Quel retournement! Pauvres gens! Pauvre Italie surtout. Elle ne méritait pas son effroyable malheur. Pourtant ce n’était pas une République parlementaire qui détenait le pouvoir, quand, sans autre raison que l’esprit de rapine elle entrait dans la guerre contre des ennemis déjà terriblement éprouvés, et se faisait battre partout. Et voilà le régime qu’on vous donne comme modèle.

14 janvier [1944]

Nouvelles terribles de La Croix[-Valmer]. Nadine[11] est affreusement malade. Diphtérie avec des complications. Nadine, véritablement la poésie même. Je pars tout à l’heure pour là-bas. On plaint souvent les ménages sans enfants. Ceux qui en ont sont, à certains moments, bien plus à plaindre.

23 janvier [1944]

Retour de La Croix, je suis imprégné de l’odeur des pins, du souvenir des routes bordées de mimosas, du ciel énorme et des tâches de lumière sur la mer, de toute cette beauté sereine, dont ma petite Nadine est privée à jamais. Nous l’avons conduite lundi par un de ces matins ensoleillés de Provence, à ce petit cimetière de Gassin, dans la montagne, pauvre petite agglomération de morts, dans un des plus grands paysages qui soit. Il n’y avait que Jacques[12], Benjamin[13] et Marcel[14], et moi. Un pauvre cheval poussif, à bout de souffle, traînant péniblement à travers les lacets défoncés et pierreux du chemin étroit, le cercueil où était mon enfant. Amère dérision, il nous fallait de temps en temps, à des tournants trop durs, pousser à la roue, car le cheval s’arrêtait, n’en pouvait plus. En route, nous avons été rejoints par le supérieur du couvent des missionnaires pour lesquels Nadine avait fait une grande fresque dans la sacristie de leur chapelle.

Dans le sinistre caveau dorment quatre jeunes femmes, dont la plus âgée, Nadine, à trente-cinq ans. Madeleine, Geneviève sa maman qui en avait vingt-quatre, Antoinette[15], elle. Quand nous sommes partis, vendredi dernier dans la nuit pour prendre le train pour Toulon, une lune incertaine nous éclairait. Je sentais au dessous de moi ce petit cimetière silencieux avec les plans d’ombre et de lumière que faisait la lune sur les pierres blanches. Cette vision est en moi, m’imprègne autant que ces odeurs chères qu’elle aimait, qu’elle aspirait à pleins poumons quand nous venions jadis en été, disant "ça sent La Croix, ça sent le Brusc". Ça et le bruit des cigales.

Pauvres chères ombres, je ne suis, malheureusement pour moi, pas de ceux qui croient à la survie, et je te pleure plus cruellement parce que je sais combien tu aimais la vie, combien tu étais sensible à toutes les nuances de l’étonnant spectacle, parce que ma chérie, tu en est privée à jamais. Pourquoi, pauvres morts, vous emprisonne-t-on dans ces caisses hermétiques, nous emmure-t-on dans ces caveaux profonds? Si je pouvais, pour moi, dire ce que je voudrais que l’on fit de ma dépouille et de mes os, je voudrais dans cette caisse mal clouée, ou dans un sac de toile très ordinaire, être jeté, loin, dans la Méditerranée comme on fait pour les marins.

Notre consolation est qu’elle ne s’est doutée absolument de rien. Elle venait de recevoir des nouvelles de ses enfants, et brusquement, elle s’est éteinte. Rien n’a pu ranimer son cœur. Paulette pense que les toxines sécrétées par les bacilles de la diphtérie avaient agi sur le cœur, comme ils avaient donné ce phlegmon diffus à caractère gangreneux. Elle faisait d’immense progrès en peinture. Dans les fresques du Brusc surtout, il y a des choses excellentes. Le panneau de gauche, celui représentant l’apparition du Christ à s[ain]t Pierre et à s[ain]t Jean est parfait, sans réserves. Composition, effet, dessin, sentiment, exécution. Elle aurait sûrement fait un grand peintre comme aucune femme n’a jamais été. Car elle s’était élevée, moralement, bien au-dessus de la mentalité de ses contemporaines, plus ou moins adroites faiseuses de paysages, de petits motifs décoratifs au goût du jour. Mais il ne s’agit hélas! pas de comparaison. Elle n’a pas pu donner sa mesure. On ne se remet pas de coups pareils. Pourquoi s’en remettre? De même que, inconsciemment, tandis que je vivais avec la joie et la fierté de mes quatre beaux enfants, ils étaient toujours comme autour de moi, comme sont toujours autour de nous tous ceux qu’on aime, même lorsqu’ils sont loin, comme est Lily et mon cher Ladis[16]. Un vide sombre se fera toujours désormais sentir, plus de lettres à lui écrire, à penser à lui écrire, de conseils à lui donner, plus de lettres enthousiastes à recevoir, plus de retour à attendre, et ce cher et charmant visage, à expression d’enfant, à voir apparaître, avec ses yeux émerveillés, ouverts sur la vie... Elle avait exactement la moitié de mon âge.

Et me voici de nouveau dans l’atelier où je veux me remettre tout de suite au travail. C’est le seul consolateur. Non pas qu’il soit une distraction. Il est une force. C’est dans nos œuvres que nous mettons le meilleur de nous-mêmes, la seule émanation de nous qui ne mesure pas avec nous. J’ai dit à Marcel et à Françoise, à Jacqueline et à Gérard[17], n’arrêtez pas de travailler. C’est le seul moyen d’avoir la force de surmonter les grands chagrins. Heureux sommes-nous d’être artistes et d’avoir des métiers que nous aimons et qui sont notre raison de vivre. Ma petite Nadine sentait cela si profondément qu’elle avait un jour dit au père Supérieur que le bonheur d’être artiste, d’avoir ce don, était un bonheur si grand, qu’on devait écarter toute vanité d’auteur. Ce bonheur se suffisait à lui-même. Elle ne voulait même plus signer ce qu’elle faisait. Il eut toutes les peines du monde à lui faire mettre seulement ses initiales sur sa fresque. Et elle les mit dans un coin où un meuble empêche de les voir. Elle évoluait vers un réel mysticisme. Nous avons trouvé d’elle un écrit, très remarquablement rédigé, où elle dit sa foi, où elle veut concilier le panthéisme de Spinoza qu’elle admirait, avait spécialement étudié, avec le dogme catholique auquel elle croyait de plus en plus. Tous ceux qui l’ont approchée ces temps derniers étaient sous le charme de son influence, tellement on la sentait pure et détachée de toutes les petites choses de la vie.

Mais la vie m’a repris ici, et sous la forme monstrueuse qu’elle a prise depuis quatre ans et plus, sous la forme de la guerre et des conséquences qu’elle a pour la France et tous les Français. Des amis affectueux sont venus. Hier soir Lagriffoul, aujourd’hui Jérôme et ensuite les Domergue. Une inquiétude de plus en plus poignante étreint tout le monde. Les arrestations arbitraires se multiplient. J’ai appris que le charmant secrétaire de la mairie de Boulogne avait été arrêté. Que peut bien avoir fait ce jeune homme si travailleur, dévoué, serviable, intelligent? Jérôme dit tenir de Garnier, que j’ai connu à Rome attaché d’ambassade, qu’un projet existait pour appréhender tous les Français de 18 à 50 ans en cas de débarquement. On dit aussi que dans la quinzaine qui vient, les quelques derniers israélites encore en liberté seraient emmenés, quelque soit le sexe et l’âge ou même l’état de santé.

24 janvier [1944]

Y a-t-il des lieux maudits? Ce cap Myrte où pendant dix ou douze ans on fut heureux, semble tout à coup être devenu un de ces lieux. Quand ils furent obligés de quitter le Brusc, surtout à cause des difficultés du ravitaillement, c’est avec appréhension que Nadine[18] partit pour La Croix. Elle disait que l’endroit portait malheur. Elle savait les drames, les accidents qui périodiquement, mais à périodes si rapprochées, avaient endeuillé cette demeure étalée au bord de la plage ensoleillée, qui semblait faite pour la joie. Et un jour reviendra en effet où de nouveau sur le sable, de belles et jeunes femmes prendront des bains de soleil, leurs petits enfants joueront sur le sable, pataugeront dans l’eau. Ce seront peut-être les enfants de nos enfants. Et nos peines, nos inguérissables détresses, nous les aurons emportées avec nous.

Il faut que sans tarder je me mette au travail. Michel-Ange. Heureusement que l’idée de cette statue s’est imposée à moi et que j’ai d’autres choses à faire.

Jacques[19], lui aussi a beaucoup à faire, et est obligé de voir pas mal de gens. Il nous confirme ce que Hautecœur disait l’autre jour, qu’un des gendarmes chargé de la garde de Laval avait tiré sur lui à bout portant et raté! On lui aurait donné des renseignements sur ce qui se passe à Alger. Les communistes y ont en effet de l’influence. Mais, le parti communiste est lui aussi divisé. Les uns renient Staline qu’ils considèrent comme un mou, comme un demi-bourgeois. Ce sont les Trotskistes intransigeants. Ce à quoi pensent les Français, qui ne sont inféodés à aucun parti, est d’éviter les tueries entre les partis, c’est-à-dire l’anarchie. De Gaulle semble l’homme dont le prestige imposera, non pas par une poigne policière, mais par respect de son attitude, l’ordre nécessaire. C’est lui qui sera l’homme qu’on avait cru un moment, moment très court, trouver en Pétain. Pétain a couvert de son manteau trop de choses affreuses et impardonnables. Ce sera juste qu'il s'effondre avec tous ces gens dont il s'est laissé entourer. Domergue nous racontait avoir assisté l’autre jour à un dîner où il y avait Bichelonne et Max Bonnefous. Ce dernier s’est fait attendre jusqu’à dix heures et est arrivé à moitié ivre avec Gaby Morlay non moins ivre, sa maîtresse. Le dîner a été scandaleux par la grossièreté des propos et la tenue de ces Excellences. Ils faisaient mettre de l’absinthe dans leur champagne. On les a descendus ivres, le matin, et déposés dans leurs voitures. Devant la porte de l’immeuble, toute la nuit, la police montait la garde. Cela fait penser aux derniers temps du tsarisme, règne de Raspoutine. Et Bichelonne au dernier conseil des ministres a mis ses collègues au courant des mesures qu’il a édictées pour un recrutement plus intensif de la main-d’œuvre et un rendement meilleur! Le communisme, en voilà les auteurs responsables, ces valets des bourreaux de l’Europe. Responsables de seconde zone. Ceux de première zone, ils s’appellent Hitler et Mussolini. Et derrière il y a les magnats du capitalisme international qui les ont aidés, poussés. Ce sont en fin de compte leurs fossoyeurs qu’ils hissaient au pouvoir.

25 janvier [1944]

Travaillé aux marbres depuis si longtemps en cours d’exécution. Le Concert sylvestre vient très bien. La matière est superbe. Aussi à la tête renversée que j’appelle Nocturne. J’ai bien fait aussi de faire mettre aux points le petit buste que j’avais fait de Nadine[20] quand elle était tout enfant, à Genève, elle avait une dizaine d’années peut-être, huit ans peut-être, je ne me rappelle plus exactement. Elle n’avait pas tellement changé en devenant jeune fille et jeune femme. Toujours elle conserva son expression enfantine, si jeune, si spontanée avec un caractère un peu oriental. Quelle tristesse infinie! Quand je m’en allais de chez le praticien, j’essayais cependant de comprendre, d’analyser l’apaisement que nous apporte, à nous artistes, notre travail. Mystère plus grand peut-être encore que celui de la croyance, mais qui fait de l’art un sentiment assez semblable, car la religion est avant tout un sentiment. Il ne s’agit pas de diversion, d’une distraction! Quoiqu’en pensent le vulgaire ou les esthéticiens non créateurs, le travail de l’artiste, même celui d’exécution, n’est jamais machinal. L’esprit, l’attention la plus serrée, sont entourés continuellement par la somme de tous les apports de l’existence, heureux et malheureux, qui constituent la personnalité profonde de chaque homme. Imprégnation inconsciente, mais qui est. Qu’est-ce qui différencie essentiellement l’homme des autres êtres vivants de cette terre? L’art, la religion, la philosophie qui sont les trois manifestations caractérisant uniquement le génie humain. La Philosophie, essai d’explication du pourquoi, du comment, de l’origine, de la finalité des choses. Effort de l’esprit pour s’élever au-dessus des faits scientifiques. Effort de conciliation des contraires, par la raison. La religion, abdication volontaire de la raison au bénéfice d’une puissance suprême dont on accepte les verdicts souvent déconcertants en opposition absolue avec notre instinct du juste et de l’injuste qu’on s’efforce de considérer comme au-dessus de notre compréhension. La mort est le but suprême, la vie n’est qu’une étape vers l’immortalité de l’âme. L’art, adoration de la vie, lutte contre l’anéantissement de nos émotions terrestres. Besoin de fixer et de transmettre les moments les plus fugitifs de nos sensations et les visions de notre imagination, poursuite plus ou moins consciente de l’immortalité, parmi les hommes, langage universel à travers les siècles, joie de la création de donner une certaine forme de la vie. Art, Religion, Philosophie sont comme trois sœurs poursuivant le même but, qui nous permettent, unis ou séparément de franchir les dures épreuves.

Hélas! Comme cela est de peu de secours en des moments comme celui que nous traversons et qui jamais ne finira. J’essaye de travailler. Il y avait plus d’un an que je ne l’avais vue, la savoir heureuse, quoique loin, comme est Jean-Max[21], me laissait produire dans toute ma plénitude. Rien n'est pratiquement changé dans le rythme de ma vie. Rien n'est plus pareil pourtant. Impression de trahison de vivre alors que mon enfant ne vit plus. Et puis cette pensée constante que c’est ce sérum trop brutalement administré peut-être qui l’a tuée. Et si on ne lui avait pas injecté, c’aurait été la maladie. J’ai cependant assez d’expérience médicale pour savoir que certains cas sont irrémédiables. On est dans une sorte de cercle mortel. Quand un cœur faiblit dès le début d’une maladie grave, la guérison est bien compromise.

26 janvier [1944]

Nouveau débarquement anglo-franco-américain en Italie, fort près de Rome, à Nettuno. Les Allemands auraient été surpris et n’ont pas encore réagi énergiquement, depuis quelques jours que l’opération a eu lieu. En Russie, température particulièrement douce. Succès important à Leningrad. Au centre, moment d’arrêt causé par de grosses contre attaques, mais ce n’est qu’un arrêt, aucun recul.

Passé quelques heures à l’atelier. J’organise mon travail. Il faut.

On recommence à traquer les jeunes gens.

27 janvier [1944]

À la mairie réunion du Conseil. M. Colmar nous met au courant des dispositions prises pour les sinistrés en cas de nouveaux bombardements aériens. La zone de notre maison est considérée comme zone moins dangereuse. On va faire le recensement des locaux disponibles pour abriter les sans abris. On nous lit les sommes dérisoires accordées aux sinistrés. On parle un peu du charmant Buisson[22] et de l’appariteur Ackermann arrêtés tous deux, emmenés menottes aux mains, comme des malfaiteurs de droit commun. On ne sait encore rien d’eaux, ni ce qu’on leur reproche.

En Russie, Leningrad est complètement dégagée. Les Russes sont à une soixantaine de kilomètres de la frontière Estonienne. Les Allemands au centre, sont repoussés dans les marais du Pripet. En Ukraine, ils sont attaqués sur les derniers points qu’elles possèdent encore sur le Dniepr. En Italie, ils n’ont rien pu tenter de sérieux contre le débarquement des renforts à Nettuno, il semble qu’à Cassino ils soient sur une défensive faiblissante sous la pression de nos troupes, à nous, Français. Pour la nième fois, Berlin est accablé de bombes. Les Anglo-Américains viennent d’adresser une sorte d’ultimatum à la Bulgarie, la sommant de rompre avec l’Allemagne, de retirer ses troupes de tous les territoires non bulgares, de défendre le sien contre les Allemands, la menaçant d’impitoyables destructions si elle ne change pas sa politique. Je crois que si on arrivait à obtenir une toute autre orientation de la politique bulgare, nous verrions la Turquie, rassurée sur cette frontière, prendre plus nettement position. Pour moi, je crois qu’une grosse action sera entreprise dans les Balkans au même moment où l’attaque Ouest se déclenchera. Ces menaces sont pour la préparer, si possible, la faciliter.

28 janvier [1944]

Repris séance avec Baudinière. Il ne s’agit plus que de l’attache du cou, des cheveux. Affaire de deux ou trois séances encore. Ce sera fini. Il me dit avoir vu quelqu’un revenant de Stettin. La ville a été rasée en trente minutes. Vive le progrès! En fin de compte, ces attaques de villes aboutissent à de terribles destructions, mais ne sont pas tellement efficaces sur le rendement industriel. Dans la Ruhr, tellement bombardée, des milliers d’usines travaillent toujours. Il me dit aussi que des pourparlers seraient très avancés entre la Russie et l’Allemagne (source Gaston Riou). Quand les Allemands auront été repoussés aux frontières russes, un traité serait signé par lequel on se partagerait la Pologne... Mais il avait été signé ce traité, en 1939-40 ? Ce qui n’empêcha pas l’Allemagne de sauter à la gorge de son alliée. Il faut être bien naïf, à mon avis, pour croire que les Russes sont prêts à recommencer. Il paraît que ce Bichelonne, depuis qu’il est ministre de la production industrielle, a fait une fortune colossale, dépassant celle de Laval.

Après-midi, absolument rien fait. Arrangé l’atelier. Scié, raboté des planches pour installer la vitrine. Installer une vitrine, à présent! Affreuse tristesse.

29 janvier [1944]

Aucun travail. Pourtant j’ai beaucoup à faire. J’espérais commencer Michel-Ange aujourd’hui. Grande fatigue hélas!

Les gens renseignés annoncent aujourd’hui que les Anglo-Américains vont débarquer en Espagne. Ce sensationnel pronostic est affirmé à Paulette[23] par la générale Brécard (opinion de son mari). Je n’y crois pas. Un fait n’en est pas moins certain : une grave tension diplomatique entre les Alliés de l’Espagne et du général Franco. Celui-ci doit sa position à Mussolini et à Hitler. Ils sont intervenus au moment de la guerre civile. Maintenant il faut que Franco paye. C’est une situation analogue à celle de la Bulgarie. Elle vient à son tour d’être menacée des pires représailles par l’Allemagne, si elle change sa politique. Bruit persistant aussi de pourparlers germano-russes. Je n’y crois pas non plus. Sur quoi se basent donc tous ces gens pour croire et raconter ces bêtises? C’est comme ceux qui nous donnent la date précise du débarquement général! Ce qui est vrai c’est la situation extrêmement grave pour des armées allemandes en Russie, et de la situation sérieuse de celles de l’Italie, c’est la supériorité écrasante de l’aviation alliée, c’est le recommencement à travers l’Europe asservie de la chasse aux jeunes gens.

Se ressaisir. Il faut absolument.

30 janvier [1944]

Enfin, ce matin, trouvé ma composition d’"Éleusis", motif du panneau central du battant droit de la porte d’Asklépios (École de médecine)[24], le motif qui sera placé dans l’angle gauche de ce panneau, au-dessus du motif de la "mutilation d’Ouranos". Le sujet est la scène culminante du mystère final représenté devant les nouveaux initiés, l’union de Zeus et de Demeter. Ce drame n’était représenté que devant les initiés du second degré, eptotes (Foucart). Le mariage sacré. Je prends des libertés avec la tradition. Jupiter y saisissait violemment Demeter et l’entraînait. En somme, scène de rapt analogue à la scène Pluton et Perséphone qui sera aussi sur le panneau. Il faut voir la scène Jupiter Demeter autrement. Demeter, c’est la terre, c’est la fécondité, c’est la mère. C’est à elle que je veux donner l’initiation. Problème délicat que je crois avoir réalisé. Je fais de Zeus la divinité vers laquelle vient Demeter et que Zeus attend. C’est elle qui prendra le Dieu, comme certaines divinités hindoues. Zeus est assi, vu de trois quarts de dos. Demeter monte vers lui, atteint ses genoux, se découvre devant son frère-époux qu’elle s’apprête à envelopper en même temps qu’elle, de son voile.

Visite de Muguet et de Bâle. Muguet relève d’une terrible diphtérie, et des suites dont il fut sauvé par le daguenan, ce qu’on n’a pas eu le temps de faire à Nadine.

Les Riou viennent bien amicalement nous voir.

Jacques[25] est reparti par La Croix. Quel voyage il va faire!

31 janvier [1944]

D’après la jolie Laurence B., je commence les dessins études pour Lucifer, centre du panneau de la mort (École de médecine). Il y a longtemps que je pense à un Lucifer (fin de l’Enfer[26]). Cette jeune femme aux formes longues me met sur la voie. Plus que jamais je pense qu’on n’invente pas des formes. La nature est là pour ça. Nous tirons un parti pour la composition qui est notre domaine. Sans cette jeune femme jamais cette figure n’aurait eu le caractère mystérieux, inquiétant, trouble qu’elle aura.

Paulette nous raconte qu’en ce moment on vide toutes les prisons de Paris. Elle affirme d’autre part savoir pertinemment que des pourparlers ont eu lieu à Lisbonne entre Ribbentrop et les Anglo-Américains. Ribbentrop aurait demandé aux A[nglo]-A[méricains] de débarquer d’urgence, garantissant que l’All[emagne] n’opposerait qu’une défense factice - comme les devantures des magasins - laissant les alliés occuper l’All[emagne] pour la sauver des armées russes. À ces demandes les A[nglo]-A[méricains]. auraient répondu : "All’right", d’accord. Mais commencez par nous livrer Hitler et supprimez le parti nazi. À quoi Ribbentrop aurait répondu : « Ca impossible !» et aurait repris son avion et les A[nglo]-A[méricains] auraient déversé 1 000 autres tonnes d’explosifs sur Berlin. Enfin il paraît que le nommé Deloncle a été exécuté chez lui par la Gestapo. Huit hommes l’auraient mitraillé. Sa femme s’est précipitée chez un docteur, leur voisin, Docteur Peretti le suppliant de venir soigner son mari. Les exécutants l’ont rabrouée, lui intimant l’ordre de se mêler de ses affaires. Puis ils auraient tiré sur la femme, l’auraient blessée. Finalement auraient emporté le cadavre, la femme blessée et leur enfant.

 

[1] Amélie Landowski.

[2] Jytomyr en Ukraine.

[3] Le Retour éternel.

[4] Nouvelle Faculté de médecine.

[5] Le Retour éternel.

[6] Pour La Porte du Theil sans doute.

[7] Braibant ?

[8] Nadine Landowski-Chabannes

[9] Jacques Chabannes.

[10] Edoardo Alfieri

[11] Nadine Landowski-Chabannes.

[12] Jacques Chabannes

[13] Benjamin Landowski

[14] Marcel Landowski

[15] Madeleine, Geneviève et Antoinette Nénot ?

[16] Amélie et Ladislas Landowski.

[17] Marcel Landowski, Françoise Landowski-Caillet, Jacqueline Pottier-Landowski et Gérard Caillet.

[18] Nadine Landowski.

[19] Jacques Chabannes.

[20] Nadine Landowski.

[21] Jean-Max Landowski.

[22] Albert-Buisson.

[23] Paulette Landowski.

[24] Nouvelle Faculté de médecine.

[25] Jacques Chabannes.

[26] Probablement référence aux illustrations de l’œuvre