Mars-1926

Cahier n°21

1 mars [1926]

Terminé ma conférence. Pour qu'une conférence de ce genre fut bien, il faudrait des projections. Je n'ai pas le temps de m'en occuper.

2 [mars 1926]

Travail toujours multiple. Ai été voir Mme de S[ain]t-M[arceaux], tout est bien qui finit bien. Elle nous demande de venir dîner vendredi avec Vincent d'Indy.

3 [mars 1926]

Pendant la séance de son buste, Riou me dit que Mme Blumenthal n'abandonne certainement pas son projet et qu'elle m'aidera certainement.

4 [mars 1926]

Fini le buste du Dr Richet.

Chez Tournaire. Il me montre ses achats derniers, dont 3 bustes du XVIIIe. Il en a payé un 30 000 F, qu'il croit de Houdon. Il ne l'est certainement pas. Mais un autre, un Buffon, me paraît fort bien. Est fort bien. Il me dit l'avoir eu pour rien. Je lui dis que je le lui achète pour le même prix.

5 [mars 1926]

Je roule, malgré mon travail, de droite et de gauche chez tous ces candidats à la fondation de Mme Bl[umenthal]. Pas grand chose.

Chez mon petit marchand bric-à-brac japonais, je crois bien avoir trouvé une esquisse de Delacroix, un arabe sellant son cheval.

10 mars [1926]

Visite collective de MM. Guidetti, Lang, Deval, Wattier pour la S[ain]te Geneviève. Je l'ai installée sur le modèle du pylône. Il faudra traiter cette statue [1] avec audace. Je traiterai notamment la figure de l'enfant (la Ville de Paris) complètement bas-relief. Ça sera difficile.

Commission des sites de guerre. Je vois passer sous mes yeux quantité de grands projets américains, anglais, voire portugais... Et mes Fantômes? Pourrais-je les réaliser?

13 [mars 1926]

J'ai eu une drôle d'impression ce matin, chez ces frères Martel, qui ce sont portés candidats à la bourse américaine. Impression d'insincérité. Et guère intéressants. Ils ne semblent d'ailleurs pas du tout avoir besoin de ce secours.

16 [mars 1926]

En même temps que la grande maquette d'Alger, buste Riou, le monument Fargniers, je travaille surtout à la S[ain]te Geneviève. Sa hauteur doit m'être donnée par la surface de la base sur laquelle elle repose. Guidetti ne veut pas qu'il y ait de rupture entre le pylône et la statue. Je crois qu'une petite division, aussi petite soit-elle, serait nécessaire.

Je reçois une lettre de l'Académie royale d'Anvers, m'annonçant que j'ai été élu membre associé de cette Académie.

18 [mars 1926]

MM. Javal et Bourdau viennent me voir et me demandent où j'en suis.

19 [mars 1926]

Terminé le mon[umen]t Fargniers que Guidetti et M. Lherondelle sont venus voir. Tout va bien. Le maire me demande de donner à la femme un aspect "plus coquet!"

20 [mars 1926]

Le premier jeune sculpteur intéressant rencontré dans mes visites pour la fondation. Un nommé Hilbert, qui taille des animaux directement dans le granit et fait aussi de très curieux dessins, dans l'esprit de certains dessins préhistoriques.

22 [mars 1926]

Il faut que je termine le m[onumen]t du général Buat commencé par Blondat. J'ai pourtant suffisamment de travail.

Conférence de Paul Léon. Il n'est pas venu, retenu par la maladie de sa femme[2]. Albert Cahen l'a lue. C'était sur l'exposition 1925. Le thème était : "L'année 1925 a marqué l'abandon, dans l'ordre décoratif, des thèmes fournis par la nature (formule 1900), pour des formes plus rationnelles."

29 [mars 1926]

Travail à l'achèvement du mon[umen]t Fargniers, au mon[umen]t Buat, à Alger.

30 [mars 1926]

Le gentil docteur Paulin[3] vient me voir et m'annonce que je serai nommé commandeur de la Légion d'honneur, dans la promotion des Arts Décoratifs. Chabas m'en avait déjà parlé. Il paraît que c'est absolument certain. Il m'apportait même une rosette lui appartenant. J'en suis très content.

31 [mars 1926]

La fille de Paul Léon est morte. Il y a juste un an, mourait sa femme.

 

[1]    . Au lieu de : "figure", raturé.

[2]    . En fait il s'agit de sa fille.

[3]    . "Polin", dans le manuscrit.