Juillet-1926

Cahier n°21

7 juillet [1926]

Travail dure : Bouclier[1], Déroulède, le Christ du Corcovado, et leçons d'auto... Mais je suis éreinté et j'aspire au départ.

10 [juillet 1926]

Pour ma première sortie, je suis entré b[oulev]ard Pereire, dans un Renault. Je n'ai pas su freiner et ma voiture a capoté! Je suis monté sur le trottoir, failli écraser une brave dame, puis essayé d'escalader la grille du chemin de fer, puis la voiture s'est retournée. Il n'y a eu qu'elle d'abîmée. Mais l'amusant, ce fut le tamponné. Il se précipite sur moi, justement furieux :

— Vous ne savez pas conduire!

— Moi? Il y a dix ans que je conduis!

Et je sors le permis que j'avais eu pendant la guerre et qui me fut donné après un examen bien superficiel. Ce monsieur voit mon nom, et le voilà qui se découvre et me dit :

— Ah! Je suis très content de faire votre connaissance. Je connais vos œuvres, et j'ai pour vous la plus grande admiration.

— Peut-être pas comme chauffeur d'automobile!

11 [juillet 1926]

Retourné chez Versigny[2].

20 [juillet 1926]

Mon beau-père inonde ses amis et connaissances de lettres savamment tournées pour leur annoncer son stupéfiant mariage.

Essayé mon habit de membre de l'Institut.

 

[1]    Bouclier aux morts.

[2]    . P.L. prend des leçons de conduite aux Écoles Versigny.