Avril-1930

Cahier n°27

1 avril [1930]

La Gazette des Beaux-Arts m'avait demandé il y a quelques jours si je recevrais un de ses rédacteurs pour faire un article sur mon atelier. Accepté, bien entendu. Ce rédacteur venu aujourd'hui. Il avait donné rendez-vous à un photographe. On fit trois clichés. Après quoi on s'en alla. Comme je glissais un mot pour demander quel genre d'article il voulait faire :

— Oh! je ne prends jamais de notes! me dit ce monsieur.

Il partit, n'ayant rien demandé, rien regardé.

Téléphoné à Moullé, car je suis fort ennuyé de ne pas voir venir mon affaire à la Chambre. Il me dit que c'est Lautier qui a fait retirer de l'ordre du jour de la Chambre, à cause de la phrase de Chappedelaine sur le concours. Bien ennuyeux.

Visite de Vincent Auriol. Homme de plus en plus sympathique, vivant, allant, artiste. Avons mis debout de projet d'ensemble à l'aviation pour le parc de Muret. Il parait que Jaussely est très gravement malade, et ne s'occupe plus de rien.

2 avril [1930]

Téléphone inquiétant de M. Soulié de Morant. Il me dit avoir eu aux Affaires étrangères d'inquiétants renseignements sur la solidité du gouvernement sudiste. Les Russes, chassés par eux, auraient repris une grosse influence et le gouvernement actuel serait prochainement renversé, remplacé par un nouveau beaucoup plus dans la ligne Sun Yat Sen. Pourvu, si cela se confirme, que je n'en subisse pas le contre-coup pour la fin de ma statue...

Je commencerai demain le buste de Madame Bouisson.

Bas-relief de Grasse. Le dos et le bras du premier plan. Le bas-relief est un perpétuel raisonnement. Cet aplatissement continue de la forme est fort énervant. C'est intéressant à faire, pour le résultat, mais on n'a pas la même joie que de sculpter en ronde-bosse

3 avril [1930]

Ma journée d'aujourd'hui : à 8 h 1/2 est arrivé le général Brécard, dont j'ai commencé une petite tête pour sa statuette à cheval. Parti à 9 h 1/2, je me suis mis au bas-relief de Grasse. Après-midi, encore avec modèle bas-relief de Grasse, puis Madame Bouisson est venue pour la première séance. Après son départ repris de Grasse. Pinchon est venu me montrer ses dessins pour les bas-reliefs qu'il doit faire à la Coloniale. C'est de la folie d'avoir voulu entreprendre cela. C'est impossible. Un an pour faire 40 bas-reliefs comme un fragment actuel du de Grasse [1]! En deux mois, un homme excessivement habile en construirait un, ne travaillant qu'à ça. Puis reçu visite de mon élève Gaber avec un de ses amis qui semblait un jeune pharaon. Ce jeune égyptien est intéressant à étudier. Il me parait d'une ambition démesurée. Ils m'ont paru tous deux avoir une opinion peu flatteuse sur la vénalité de la presse. Le jeune pharaon me dit :

— Ce qu'il faut, c'est qu'il expose. Notre gouvernement paiera ce qu'il faut ensuite pour les articles de presse, comme cela se fait toujours.

Premier banquet de l'atelier.

4 [avril 1930]

Je n'arriverai pas à terminer le bas-relief cette semaine. Je suis trop dérangé. Mais j'avance quand même. Séance de la petite Citroën. Petit buste que je crois bien venu et on ne sent pas la peine qu'il m'a donné.

Aucune nouvelle du tombeau. J'ai envie d'aller voir M. François-Poncet demain, pour le mettre au courant de la petite difficulté surgie.

5 [avril 1930]

À S[ain]t-Mandé, le granit vient bien. Pourtant pas enchanté de ce Collins qui fait beaucoup d'embarras et a laissé le metteur aux points faire des cernés sur la figure nue qui seront bien difficile à rattraper.

Après bien des hésitations, presque arrivé[2] à Boulogne, suis revenu[3] sur mes pas pour aller chez François-Poncet. Il m'a dit de ne pas m'inquiéter, qu'il en avait parlé avec Lautier, qu'il suivait, qu'il lui en parlerait de nouveau, qu'il croyait que c'était inscrit à un des prochains ordres du jour, que ce serait fait avant Pâques. Enfin je fais mon possible pour me défendre, puisqu'on m'a lancé dans cette aventure. En somme me voici avec 600 ministres des Beaux-Arts! Car c'est ainsi maintenant que la question se pose. Dezarrois, venu déjeuner, guéri, me dit qu'il va essayer de m'amener Chappedelaine. Et puis après il y aura le Sénat. Que dis-je 600 ministres des Beaux-Arts! Ils sont 900...!

Deuxième séance Madame Bouisson. Je crois que ce buste ira très vite. Femme exquise, d'une bonté profonde. Son visage, certaines fois s'éclaire d'un sourire illuminé. C'est cela qu'il faudra rendre. Petit visage aussi un peu fatigué par la maladie passée.

6 [avril 1930]

Je pense à la conversation d'hier avec F[rançois]-Poncet, et je suis, malgré toutes les assurances données, assez inquiet. Chappedelaine n'y connaît rien. Mais il faut critiquer tout ce que propose le gouvernement. En séance, les gens de gauche n'osent pas soutenir leurs amis personnels. Après tout cela se comprend un peu.

Mais il m'est venu brusquement [une] directive nouvelle pour la France de Chalmont. Ce que j'ai actuellement, cette figure drapée dans le grand manteau moyen âge, fait pas mal, mais ce n'est quand même pas la France moderne, la France 1918. Alphandéry me disait une fois que ce serait bien intéressant de connaître depuis ses débuts la gestation d'une œuvre. En ce moment voici. Regardant l'esquisse actuelle, avec cette épée, je me disais que c'était encore du conventionnel[4]. Les grecs ont symbolisé leurs idées avec des figures de leur temps, les gothiques également. Première conséquence[5] : Supprimer l'épée et faire avancer la France, les deux poings fermés. Deuxième conséquence : Mettre dans la main droite un fusil. Mais un fusil dans les mains d'une femme drapée dans un manteau moyen âge et coiffée d'un bonnet phrygien, quel bric-à-brac! Il faut abandonner tout ce bric-à-brac d'École et le laisser à Bourdelle et successeurs. Donc dernière conséquence : Habiller la France en costume moderne, et c'est là que le vrai sculpteur doit se montrer. Ce sera bien plus difficile à traiter qu'un vêtement classique, car, il faudra en inventer l'interprétation sculpturale. Je l'entrevois. Le costume moderne est magnifique. Il faut savoir le regarder. Tout peut être motif à sculpture si interprété sculpturalement. Là est le vrai style, non dans l'imitation d'un style ancien. Fait un croquis qui montre des possibilités satisfaisantes.

Hier à l'Hôtel de Ville, séance de la Commission d'esthétique. Il y avait là Jean Boucher. David[6], jadis, me parlait des qualités d'intrigant de ce garçon. À ce moment il avait du talent, il était plein de promesses et dans le sens que j'aime. À présent, quelle déchéance! Il paraît qu'il a fait à Verdun un monument affreux, sur les remparts. J'en ai vu l'esquisse. Cela ne pouvait rien donner en effet. Mais hier, je le voyais opérer pour le monument Foch, se courber en deux devant d'Andigné, devant Darras. Pas sympathique tout ça. Et le projet est bien mauvais. On nous a montré le projet du monument Mangin, par cet autre intrigant sans talent et celui-là en plus malhonnête homme qu'est ce Maxime [Réal] del Sarte, arrivé uniquement par la politique. C'est abominable et je crois, car je suis arrivé en retard, qu'il sera refusé. On nous a montré aussi une belle figure de Viviani par Sicard, bien arrangée. Comme elle est déjà exécuté en Algérie, on ne l'acceptera pas, parce qu'on ne veut pas de répliques à Paris. De plus Viviani, vraiment, ce n'était pas un grand bonhomme.

Hugues Citroën venu ce matin. Enchanté du buste de sa fille, il sera fini demain.

De sympathiques visites cet après-midi. Mais surtout déjeuner touchant, chez Ladis. Le docteur Paulin remettait à Ladis sa cravate de commandeur.

Bouchard venu me voir. M'a paru sincèrement content de ce que je lui ai montré. Je lui ai conseillé vivement de demander audience à Paul Léon pour lui parler du projet Foch. Autrement il sera complètement roulé par Jean Boucher. Bouchard lui, au moins, fera une belle statue.

7 [avril 1930]

A 8 h ¼ général Brécard. À 9h ½ au bas-relief de Grasse, toute la journée. À 5 h jusqu'à la nuit, Geneviève Citroën. Ce buste est fini. Pourtant je lui ai demandé de revenir encore. Ce sera de belles journées comme à trente ans. Sans fatigue.

Dîner chez Vincent Auriol. Il a trouvé moyen de faire inscrire au budget des Beaux-Arts les crédits dont il a besoin pour achever le monument d'Ader. Il m'a demandé de diriger les sculpteurs toulousains qui seront chargés des cinq stèles qui doivent compléter l'ensemble. Nous avons établi une liste. Je leur ferai faire quelque chose dans l'esprit d'Issy-les-Moulineaux. Au dîner il y avait Léon Blum, Lamoureux, Forgeot et leurs femmes. Trois hommes fortement intelligents. Conversation, bien entendu, sur la Chambre. Histoires électorales. Puis plus intéressante, sur la popularité actuelle du parti socialiste qui "a le vent en poupe", disait M. Lamoureux. Blum assure que le parti S.F.I.O. gagnera au moins 12 à 15 sièges rien que dans le département de la Seine. Puis conversation sur la situation économique mauvaise surtout industrie automobile très combattue par industrie américaine. Avantages américains grâce à l'injuste répartition des charges de guerre. D'où obligation d'élever les droits d'importation sur les autos.

Demandé à V[incent] Auriol si mon affaire tombeau viendrait.

— Aucune difficulté, me dit-il.

— Mais quand?

Il ne sait. Il est d'ailleurs uniquement préoccupé de ses crédits pour Ader, et de plus la personnalité Foch est gênante pour lui. Il ne peut évidemment prendre aucune initiative dans cet ordre d'idées.

On a parlé de Jaurès. Blum et Auriol ont cité de lui quelques belles images. À propos de la tradition : "Le fleuve, lorsqu'il arrive à la mer, n'est-il pas quand même fidèle à la source".

8 [avril 1930]

Général Brécard. Bas-relief de Grasse tout le reste de la journée. À 5 h Madame Bouisson, jusqu'à la nuit. Bien que rentré fort tard hier soir, pas trop fatigué. Si je pouvais m'organiser, je crois que je pourrais très bien et sans fatigue travailler dix à douze heures, comme à Rome. Désormais c'est impossible. Et puis je n'ai pas un sommeil assez sûr et il ne me serait pas toujours facile de me lever avant sept heures.

Je suis très ennuyé de ne pas voir venir le projet Foch à l'ordre du jour de la Chambre. C'est absurde d'avoir fait de cela un projet de loi spécial. Il aurait été si simple de l'incorporer dans le budget des Beaux-Arts, comme l'avait conseillé Paul Léon. Conséquence de l'absurde rivalité qui a régné rue de Valois.

En attendant, je pense à ma France en marche de la butte Chalmont. (Je suis un peu découragé du sarcophage[7] et ai un peu perdu le feu sacré.) La question est celle-ci : peut-on avec le costume féminin moderne, réaliser une statue de caractère aussi général, d'une plastique aussi belle qu'avec les draperies antiques? Si ce n'est pas possible, à talent égal, pourquoi? N'est-ce qu'une question d'habitude? ou la draperie antique porte-t-elle une beauté supérieure? d'où lui vient son caractère de généralité, d'éternité, c'est le mot vrai. Car, les questions posées, il faut préciser le but à atteindre qui est, dans la statuaire monumentale, de donner à l'œuvre un caractère d'éternité. Tous costumes d'une trop précise mode sont anecdotiques. C'est pourquoi le nu est si attirant. Après le nu, le drapé, aux amples plis, faisant sentir le corps. Dès qu'intervient la plus réduite couture, danger. Voilà théoriquement. Alors, nous serions condamnés à faire, faire, refaire et refaire "in aeternam" des Minerve, en essayant de les varier par une exécution plus ou moins baroque! Et d'appeler ces Minerve : France, Victoire, Paix, Gloire, etc., rester pour toujours dans la froide allégorie [8]! Car dans la pratique c'est à cela qu'on en vient. La Victoire de Samothrace est faite. Il n'y a pas à la refaire (ou bien la recopier franchement). La Victoire de Samothrace, ou la Minerve du Parthénon, c'étaient des grecques. Les sculpteurs grecs n'éprouvèrent pas le besoin d'aller chercher dans la vieille Égypte leurs modèles. Ils ont puisé leur inspiration dans leur temps, mais ils ont su interpréter leur temps "sculpturalement". Tout est là. Pendant des siècles ensuite, on a vécu de ces interprétations, jusqu'à ce que deux hommes apparaissent soudain, penchés sur leur temps et sachant voir dans la vie l'éternité : Donatello et Michel-Ange. Aucun souci d'archéologie, même quand il s'agit de personnages historiques ou légendaires. La Cumae, comme la Persichée ou le Moïse, surtout le Moïse, sont d'une fantaisie d'arrangement dont la source est le XVe siècle. Je me souviens d'avoir rencontré un jour dans la montée qui va de la place d'Espagne au Pincio une énorme mendiante dont l'accoutrement m'a fait penser à la Cuméenne. Quelles déesses pourtant! Quelle grandeur immortelle! De même Donatello n'a jamais fait autre chose, dans ses œuvres les meilleures que penser sculpturalement son temps (Poggio, Zuccone, S[ain]t-Georges, etc.). Depuis... depuis on peut dire que l'on vit sur le capital apporté par ces Grecs et ces Florentins. La leçon est claire. L'éternité est seulement dans la force de la pensée sculpturale.

9 [avril 1930]

Quelle journée! Encore général Brécard. Mais vient mal. Bas-relief de Grasse qui se finit. Qui se finit? Plus on progresse, plus on voit à faire. J'ai l'impression que je progresse. Après déjeuner photographie de l'esquisse des Crapouillots. M. et Mme de Manthé que satisfait maintenant la tête de Ader. De nouveau au bas-relief de Grasse. Puis Madame Bouisson dont le buste vient à toute vitesse. Elle est très contente. Elle est partie à la nuit tombante. Si je n'avais pas du partir, je crois que je l'aurais fini la semaine prochaine.

Le pauvre Bigot passé un moment. Il est triste et se plaint de se sentir fatigué. Pauvre ami. C'est un artiste de premier ordre, et sa vie est ratée.

Téléphoné avec Isay. Il parait que ce qui a compliqué les choses pour le tombeau Foch c'est que Guernoit, des Droits de l'Homme, voulait interpeller "sur le scandale de faire un tombeau national à Foch". Tout ça puéril. Il parait que Lautier lui a fait rentrer son interpellation. Au fonds, j'aurais moi aussi préféré faire le Tombeau du soldat, ma première pensée.

10 [avril 1930]

Matinée perdue. Jugement à l'École, concours d'admission. Madame Bouisson, pendant sa séance, me racontait qu'au déjeuner qui réunissait aujourd'hui des parlementaires chez eux, on disait que les communistes voulaient protester contre le tombeau Foch aux Invalides. Madame Bouisson croyait que le projet devait être discuté dans la séance de l'après-midi... Ça ne va pas si[9] "tout seul" que ça!

11 [avril 1930]

Rien ce matin dans les journaux. Donc le projet à encore été retiré. Mais Mme Bouisson venue poser me dit que le gouvernement a demandé au président de faire passer le projet à une séance du matin, pour éviter des incidents communistes! Donc, rien de mauvais. Il faut de la patience.

Revenant de mes corvées [10] de la matinée (sujet esquisse, 2e essai, à S[ain]t-Mandé, chez Barbedienne, gare d'Orsay, etc.). Je suis passé chez M. et Mme Blumenthal. Ils revenaient justement de promenade. J'ai été atterré de la mine de notre pauvre amie. En quelques mois, elle est devenue une vieille femme. Par quoi est-elle minée, la malheureuse? Elle a vieilli de dix ans. Descendant de l'auto, elle a fléchi sur les jambes. À peine peut-elle se tenir debout. Elle a quand même voulu me dire bonjour, puis son infirmière l'a emmenée. Causé un moment avec George Blumenthal, qui est bien préoccupé. Il me dit que Gaston Riou se lance dans la politique et se présente à une prochaine élection dans son département.

Ai distribué le travail des stèles aux jeunes (?) sculpteurs toulousains. Parmi eux, une jeune fille, la fille du député Bedonce. Encore des occasions de dérangement de plus que tout ce travail à diriger.

12 [avril 1930]

Jugement de la montée en loge. Après-midi, M. Tchang Tchiao vient me voir avec une jeune nièce de Mme Soumi Tchen. Cette jeune nièce est ravissante. Ce serait aussi un buste délicieux à faire. À l'Institut, rien d'intéressant cette fois-ci. En m'en allant, je vois une scène assez comique. Une auto arrêté et devant la portière une petite caisse installée par terre. C'était l'auto de Besnard, et il est devenu si gros, et lourd qu'il n'a plus la force de se lever directement sur le marchepied.

Encore séance de Madame Bouisson. Je crois que ça vient vraiment bien. Le sourire, aussi léger soit-il, c'est par les pommettes qu'il s'obtient. Mais nuances bien délicates à saisir.

14 [avril 1930] Toulouse

Deux heures inoccupées avant mon départ pour Toulon. Je ne m'y reposerai pas complètement, énervé par l'attente de ce vote pour le tombeau Foch. Ces remises continuelles sont exaspérantes. Vincent Auriol m'assurait aujourd'hui que ça passerait très facilement, mais que le groupe socialiste, forcément, s'abstiendrait. Ils m'ont reçu ici, tous deux, M. et Mme Vincent Auriol, de la plus charmante façon. Déjeuner dans un restaurant appelé Lucullus, très amusant et excellent.

À Muret, bonne impression du monument. Mais, comme les Fantômes, pas assez grand. Je propose à Auriol de mettre six stèles autour, au lieu de cinq. Ce sera peut-être possible.

Travaillé toute la journée d'hier au bas-relief de Grasse. Je l'ai énormément amélioré en solutionnant enfin la deuxième tête de gauche. Mais je retarde le moulage. La tête du grand gaillard de profil à besoin d'être reprise. Petit retard, mais on ne se repent jamais de ce temps-là. On se repent toujours du contraire.

Pris deux heures à la fin de la journée pour conduire chez Besnard M. Lui Hai Sou, ce peintre chinois directeur de l'École de Shangaï. Je suis allé le prendre chez lui et j'ai eu plaisir à voir de belles encres de Chine de lui, fort habilement et artistiquement traitées. Mais le voici à l'Académie de la Grande-Chaumière, et faisant de la peinture à l'huile, comme tout le monde aujourd'hui. Il n'y a plus aucune de ces qualités, de cette sensibilité d'indication, qui sont dans sa manière chinoise. Ceci prouva que la peinture à l'huile, comme dit la chanson, c'est beaucoup plus difficile. Car là, il semble un débutant, fautes de dessin, lourdeur, etc. Mais c'est un travailleur. Besnard, bien entendu, tout en le recevant fort aimablement n'a pas manqué de leur sortir quelques fortes rosseries sur la peinture contemporaine, qu'ils ont prises au sérieux ou pas comprises. Comme l'un des compagnons de M. Lui, un jeune étudiant en lettres, faisait allusion à une exposition possible de Besnard, en Chine, Mme Besnard aussitôt est devenue d'une amabilité émouvante, prenant un nouveaux rendez-vous avec eux pour une interview de Besnard... Mais tout ça n'empêche pas qu'il a un bien grand, bien grand talent. Il y avait là quelques toiles récentes, encore étonnantes.

Vincent Auriol me parlait des nombreuses raisons que Lautier a de craindre la tribune. Il y a d'abord son entrée au ministère. Il y a ensuite son élection à Cayenne.

— C'est bien la circonscription qui lui convient, dit il.

Il avait comme adversaire Anquetil! le maître chanteur de Madame Hanau. C'est parait-il Anquetil qui était élu. On truque les élections. Comme entre deux maux il faut choisir le moindre, la Chambre étouffe les résultats de l'enquête. Lautier fut validé en sourdine. Cela explique le fameux mot, "je suis dédouané". Mais si c'est assez comique, c'est quand même bien dommage. Et pour moi, personnellement, c'est empoisonnant.

17 [avril 1930] le Brusc

Chaque jour, je me précipite pour voir, à l'arrivée des journaux, si la Chambre a voté le projet Foch. Le député de Cayenne, ministre des Beaux-arts! se montre ce qu'il est, un gros bonhomme bien lâche et bien ficelle. Mais les autres, ceux qui, sans que je leur demande rien, m'ont dit : "Vous pouvez marcher, allez, commencez", qui ont même raconté un peu partout que le tombeau m'était commandé...

Cela gâte mon séjour. Pourtant je ne veux pas me départir de ma sérénité. Il ne faut pas plus se griser des chances qui vous arrivent, que se décourager des malchances.

24 [ avril 1930 le Brusc]

Vie de repos (quoique non fatigué), de flânerie, de promenade, de contemplation, de méditation. Pour le tombeau Foch, toujours rien. Les Chambres siègent encore. Il est trop tard maintenant, même si c'était voté avant leurs vacances, pour que cela vienne au Sénat. Si dorénavant cela vient jamais, il faudra attendre la cession juin juillet. Le "dédouané de Cayenne" s'occupe plus de politique et veut un sous-secrétariat sans discussion publique. Les Beaux-Arts sont considérés comme le dernier plan, le poste où l'on place un ami[11] auquel on veut faire plaisir. Compétence, goût, sans importance. Autre nouvelle ennuyeuse, confirmant ce que m'avait téléphoné Soulié de Morand. Des manifestations monstres ont eu lieu à Pékin contre le gouvernement de Nankin. Cela va finir par mal tourner pour eux. Pourvu que je ne reste pas avec ces marbres sur les bras! Ce ne serait pas la première fois que pareille aventure arriverait.

Mais j'ai eu tellement de chance ces dernières années que je me dois d'accepter avec la même sérénité les mauvaises chances. Je pense qu'il m'arrivera quand même assez de commandes pour alimenter ma maison. Le temps que la carence du sous-secrétariat d'État pour le tombeau me donnera, je l'emploierai à reprendre le Temple. Rarement un sculpteur a été comblé par un gouvernement, comme je le suis en ce moment. Le monument de Chalmont m'a été commandé directement, alors que les 2 autres monuments du front sont mis au concours. l'État participe pour moitié à la commande de Muret. Je suis seul à savoir que malgré les chiffres assez gros, je ne gagnerai pas grand chose. Il n'en reste pas moins que sur le papier, je suis comblé. Donc, malgré les promesses dernières non tenues, pas d'amertume. Si le tombeau Foch n'occupe pas mon atelier l'hiver prochain, ce sera le Mur de Prométhée et Prométhée. Je ferai quand même, dès mon retour, la grande maquette du tombeau, et avec la France de Chalmont, j'aurai suffisamment à m'occuper!

25 [avril 1930 le Brusc]

Départ de Ladis, Lily et Paulette. Ils ont fait ici un séjour qui leur a plu énormément. Malgré le vent et un temps généralement mauvais, le Brusc a su cependant leur faire entrevoir tous ses charmes. Hier après-midi, nous étions au petit embarcadère isolé, sur mon bateau, dans cette magnifique baie du Brusc, un des plus beaux paysages du monde. Nous voici presque arrivés au terme de notre vie et nous évoquions les débuts. La ruine du père à Alger, l'oncle Paul, l'homme extraordinaire dont la mémoire est encore si vivante au cœur de tous ceux qui l'ont connu. Il nous recueillait, avec les dettes de notre père, 300 000 francs en 1884. Cela ferait aujourd'hui plus d'un million et demi. Il nous ramenait à Paris. Il sauvait la propriété d'Alger. Il mourait à la tâche en 1893. Aujourd'hui, nous avons tous notre maison à nous à Paris, notre propriété à la campagne. Ladis et moi sommes à un grade fort élevé dans la Légion d'honneur. Je suis membre de l'Institut. Benjamin est du Conseil de l'ordre. Si, lorsque l'oncle Paul est mort, Ladis n'avait pas abandonné l'internat et toute carrière officielle, il serait sûrement aujourd'hui un des médecins les plus couverts de titres et d'honneurs.

Toujours rien à la Chambre. La session s'achève. J'ai vu que Lautier était intervenu hier à propos de la remise en état des tribunaux. Quantité de projets de lois secondaires sont votés. Ai-je bien fait de quitter Paris? Je crois de plus en plus que je ferais bien de cesser de penser à ce grand tombeau...

Mais je vois de plus en plus clairement dans quel esprit traiter la Victoire de Chalmont. Elle sera moderne. Moderne non anecdotiquement, mais son costume ne rappellera ni la Grèce, ni le Moyen Âge. C'est une grosse faute de dire qu'une œuvre a du style lorsqu'elle rappelle une époque de passé. D'œuvres de ce genre on doit dire qu'elles sont du style grec, du XIIIe, du XVIIIe, mais non qu'elles ont du style. Mais on peut dire qu'une statue de Michel-Ange, ou de Donatello, ou un buste de Houdon, des œuvres de Rude, de Barye, de Rodin, de Falguière ont du style, parce que c'est un style personnel, qui n'imite pas. Ils voient la nature avec leurs yeux, l'interprètent avec leur cœur, leur intelligence, leur génie et leurs œuvres, sans qu'ils le veuillent presque, ont le style de leur temps. Il ne faut pas s'inspirer de leurs œuvres mais de leur esprit, ce qui n'est pas la même chose. Ne les imiter que dans leur amour [12]. Faire avec son temps ce qu'ils ont fait avec le leur. Voilà l'esprit dans lequel je veux entreprendre cette figure de la France 1918, ce qui fait que je suis décidé à supprimer ce grand manteau Moyen Âge, c'est encore de la défroque théâtrale à reléguer au magasin des accessoires et à laisser à ces messieurs des Tuileries et autres révolutionnaires de ce genre. Au fond de moi, je la sens naître.

 

Le mystère de la création de l'œuvre? Qui pourra jamais en suivre pas à pas la genèse, puisque l'artiste lui-même ne le peut pas. La femme peut-elle raconter le développement du germe que l'homme a déposé dans non sein? Et même si, seconde par seconde, jours après jours, nuits après nuits d'impitoyables savants ouvraient les ventres d'innombrables femelles fécondées au même instant, jusqu'à l'heure où la dernière accoucherait normalement, auraient-ils découvert le mystère? Il ne s'agit là pourtant, que d'un mystère physique ou chimique, mais c'est le mystère de la vie. L'art, c'est celui de la pensée. La naissance physique s'opère toujours de la même manière. De combien de manières diverses naît l'œuvre d'art? Ces manières diverses ne sont peut-être qu'apparentes et sans doute pourrait-on dire que tout œuvre d'art naît d'un choc, d'une rencontre, où il entre toujours deux éléments [13]. Je n'envisage ici, bien entendu que la création de l'œuvre plastique et plus particulièrement sculpturale (je m'essaye à cette recherche parce que ma petite Nadine [14] m'en parle souvent). En limitant une question, il est plus facile de la résoudre. Les conditions de création d'une œuvre sont :

1. Occasion d'une commande. Sujet donné;

2. Occasion d'une idée personnelle;

3. Occasion d'une chose vue.

Occasion d'une commande. Ici on peut aussi et tout de suite apporter des subdivisions, les commandes étant de plusieurs sortes, mais conditionnant toujours la création de multiples manières, conditions qui sont : emplacement, sujet en premier lieu, sans oublier les crédits qui limitent toujours. Il semble à première vue qu'une création artistique encombrée dès son origine par de pareils éléments ne puisse être retenue. Dans la plupart des cas, en effet, ces forces contradictoires ont fait naître des œuvres sans aucun intérêt. Mais il est des cas au contraire où emplacement déterminé et sujet imposé ont joué un rôle primordial, essentiel et de même que de beaux rôles de théâtre, portent leurs acteurs, ont porté leurs statuaires. Exemple : le monument de la Réformation à Genève, monument d'Alger à Alger. Je prends des monuments auxquels j'ai participé parce que je peux essayer, sans avoir besoin de supposition ni d'intuition, d'expliquer. Dans ces deux monuments, l'emplacement et le sujet ont tout commandé.

Question à poser : Si l'emplacement et le sujet ont commandé, ces deux monuments sont-ils comme une conséquence obligatoire, ne pouvaient-ils pas être autres, et étant autres, même excellemment exécutés, seraient-ils fatalement moins bien? Réponse: je crois certainement qu'ils seraient moins bien.

Deuxième question : Puisque les solutions réalisées sont, dites-vous, les seules logiques, pourquoi, ces deux monuments ayant été mis au concours, les autres artistes concurrents en ont-ils envisagé d'autres? Réponse : D'une manière générale, les autres artistes ont tourné autour de la solution. Les autres se sont lourdement trompés et étaient au dessous de la question.

Troisième question : Alors expliquez-moi comment ces éléments imposés vous ont amené à vos compositions? Réponse : Pour Genève, où les sculpteurs ont été appelés à interpréter un parti architecturalement déjà inventé, où nous étions subordonnés à un programme purement iconographique très strict, très contrôlé, je ne peux pas dire grand chose.

Pour Alger, il en va tout autrement, puisque j'ai personnellement apporté toute l'invention. Il s'agissait là : 1. d'un monument aux morts de la guerre; 2. à Alger; 3. sur un emplacement s'élevant en pente. Raisonnement : L'emplacement ayant par lui-même un caractère pieux et triomphal, il fallait affirmer la composition dans ce sens. D'autant plus que chez les guerriers arabes, la mort sur le champ de bataille est considérée comme la plus grande gloire, à peine si l'on doit en pleurer. D'où l'imagination s'orientant vers une sorte de triomphe. D'autre part en Algérie le cheval a une importance énorme. On l'admire, on l'aime. C'est de plus un élément plastique magnifique, qui me permettait d'élever mes personnages. D'où la volonté de faire porter le mort par des cavaliers. De là cette volonté s'est peu à peu affirmée de plus en plus de faire dominer tout le monument par le mort [15] en plein ciel. Voilà les idées "littéraires" qui ont en premier lieu orienté ma composition. Ensuite, s'est immédiatement posée la question non moins essentielle : la matière. À Alger, exécuter un monument semblable en bronze eut été une hérésie. La pierre, la belle pierre blanche, pure, glorieuse, s'est imposée immédiatement à mon esprit. En même temps, prenant la première place, elle m'imposait presque ma composition. Elle m'obligeait à ces grandes ailes épaisses, aux bras d'appui soutenant le bouclier, aux remplissages des encolures, des membres des chevaux, etc., toutes choses qui semblent des trouvailles, qui font très bien, et qui sont des nécessités. Ce groupe, il fallait le monter le plus haut possible. D'où le haut socle et la frise (dont Bigonet a exécuté si médiocrement mes compositions). Tout le reste n'était plus que dispositif plus ou moins ingénieux, traité avec plus ou moins de goût. Dans tout monument tout doit graviter autour d'une idée centrale. Le malheur est que souvent les artistes n'ont pas d'idée centrale. Mais toute commande doit se transformer, une fois les données étudiées, en réalisation d'idée personnelle.

Quand une émotion éprouvée, une lecture, une conversation semblent contenir le germe d'une œuvre, le problème à étudier devient le même, de sorte qu'en fin de compte on peut discerner deux grands points de départ : L'idée, la chose vue. Émotion intellectuelle, émotion sensuelle.

Exemple d'une œuvre dont le point de départ est dans la chose vue : Le monument de Casablanca. Il y a presque trente ans j'avais vu dans la campagne romaine deux gardiens, à cheval, de troupeaux de bœufs, se serrer la main au moment de se quitter pour longtemps. C'était magnifique d'allure. Il semble que la scène se soit fixée dans ma mémoire pour ressortir au moment voulu, comme d'un carnet de croquis. Mais pourquoi cette scène est-elle venue se placer sur ce sujet du monument de la Victoire? Un peu pour les mêmes raisons équestres que le monument d'Alger. Suite d'associations d'idées qui amènent à la trouvaille ou ressuscitent les souvenirs. J'ai vu chez le docteur Richet un croquis de Dalou, pris par lui pendant le repos d'un modèle femme. Elle avait pris sur sa chaise la pose que plus tard Dalou donna à son Lavoisier. Le plaquage d'une note prise sur nature (et heureusement conservée), sur un sujet imposé, la transformant après étude littéraire, en sujet personnel, est ici magnifiquement flagrant Mais tout cela c'est la mécanique. Il restera toujours quand même le mystère de l'exécution, de ce qu'on peut appeler la technique, qui est le coup d'outil, qui est ce sculpteur, ce que sont les gestes ou l'écriture ou la voix et qui constitue la personnalité technique, qui fait d'abord que la même attitude vue par un autre n'aurait pas frappé cet autre, qu'il ne l'aurait pas notée (nous étions plusieurs pensionnaires de Rome à avoir vu les deux cavaliers de la campagne romaine, j'était le seul à les avoir gardés dans ma mémoire). Un autre sculpteur ayant pris le même croquis que Dalou, n'aurait jamais eu l'idée de s'en servir pour un Lavoisier.

 

Les journaux donnent de meilleures nouvelles de ce qui se passe en Chine. Il ne semble pas que les nordistes avancent en ce moment. Ils paraissent arrêtés et, dit-on, en proie à des luttes intestines. Déjà! Que serait-ce s'ils avaient la victoire?

26 avril [1930 le Brusc]

Lettre de Vincent Auriol. Ils a trouvé moyen d'introduire dans le budget des Beaux-Arts, les crédits dont il a besoin pour achever son affaire Ader à Muret. C'est voté avec l'ensemble du budget. Il aurait suffi qu'on s'occupe de la même façon des crédits Foch, et c'était fait.

Tout à l'heure, départ pour Paris. Journée admirable. Un peu triste, non de partir, mais j'espérais apprendre ici le vote et je m'en retourne dans la même indécision.

27 [avril 1930 Boulogne]

Nous retrouvons tous Boulogne avec plaisir. J'ai été aussitôt découvrir le buste de Madame Bouisson. Bonne impression.

Aussitôt, les visites ont commencé. Mme Wang, cette journaliste chinoise, pour Sun Yat Sen qui avance bien. On ne me semble pas avoir perdu de temps pendant mon absence. Toute cette besogne matérielle, si longue s'achève. Je pense rattraper sérieusement les retards. Cette dame que j'interrogeais sur la situation de la Chine me disait que les bolcheviques faisaient un gros effort.

Les Chambres se sont ajournées hier. Ce tombeau de Foch, ce sera en petit, mon tombeau de Jules II. Ce n'est pas à l'honneur des papes. Michel-Ange n'a eu à faire qu'avec deux ou trois. Moi, j'ai à faire avec plus de 600!

28 [avril 1930]

Très en forme. Rue de la Ferme, le monument d'Estournelles de Constant se termine. Fait quelques retouches au petit buste G[eneviève] Citroën, qui est terminé. J'ai bien fait de conserver le grand bas-relief de Grasse. En deux ou trois journées, je l'achèverai et je n'aurai aucun regret.

Fait nouvelle esquisse de la France Chalmont. Je crois bien que cette fois-ci je tiens mon affaire. Aucun élément antique ou moyenâgeux. C'est une figure moderne, vêtue du costume moderne et, je crois qu'elle aura autant de grandeur et d'éternité.

Repris l'étude des chansons de geste pour le sarcophage Foch, dont je ferai en tout cas la grande esquisse.

29 [avril 1930]

Au vernissage, M. Marraud me dit qu'il a un mot à me dire. Et me prenant à part :

— Un membre de la commission des finances me parlait de votre projet de tombeau Foch. Je lui dis : c'est fort intéressant. Il me répond : sans doute, mais un tombeau de ce genre convient-il bien dans ce cadre Louis XIV? Alors j'ai tenu à vous soumettre cette critique.

J'ai remercié le ministre, je lui ai dit ce qu'il y avait lieu de dire pour cette critique idiote. 600 ministres des Beaux-Arts! 900 avec les sénateurs! Isay me dit :

— C'est en panne. Le ministre n'a pas cru le moment favorable pour présenter le projet. Il y a une interpellation déposée à propos des musées, alors il préfère attendre un meilleur moment.

En somme, il n'y a rien de cassé... je peut attendre. Et je continue à établir mon programme iconographique [16].

30 avril [1930]

Retouché des cires chez Gatti. Puis à S[ain]t-Mandé où tout va bien, mais pas aussi vite qu'il faudrait. Le jeune Lagriffoul me montre son esquisse pour son concours de Rome. C'est un garçon intelligent. Je lui conseille de voir son sujet, "Lanceur de javelot", en moderne. Son esquisse est bonne. Il peut réussir.

Après-midi à cette Victoire pour la butte de Chalmont. Bien difficiles ces statues là. En tout cas je suis complètement sorti des Minerve casquées, des pastiches du Moyen Âge et des femmes à bonnet phrygien.

Mais il faut absolument que je me mette au Mur de Prométhée.

 

[1]    . Suiv par : "Il faut", raturé.

[2]    . Au lieu de : "revenu", raturé.

[3]    . Au lieu de : "suis retourné", raturé.

[4]    . Au lieu de : "que ce sont encore des formules", raturé.

[5]    . Suivi par : "remplacer dans la main", raturé.

[6]    Fernand David.

[7]    Foch.

[8]    . Suivi par : "Il faut poser le problème", raturé.

[9]    . Suivi par : "seul que ça", raturé.

[10]  . Au lieu de : "mes cours", raturé.

[11]  . Suivi par : "auquel le président du Conseil", raturé.

[12]  . Suivi par : "leur passion", raturé.

[13]  . Suivi par : "Je ne pense qu'à l'œuvre plastique", raturé.

[14]  . Suivi par : "en est préoccupée de ce problème", raturé.

[15]  . Suivi par : "couché", raturé.

[16]  . Suivi par : "avec les chansons de gestes", raturé.