Mai-1930

Cahier n°27

2 [mai 1930]

En somme, depuis le retour du Brusc, je n'ai pas fait grande besogne. Sauf l'esquisse de la France de Chalmont, je n'ai pas beaucoup avancé. Pas fini le bas-relief de Grasse. Il devrait l'être. Il faut absolument que je sois moins dérangé. Voici 4 mois de 1930 passés. Je suis en retard pour tout [1].

Le moment est venu de remettre sur le chantier un morceau du Temple. C'est mon désir profond et c'est le Mur de Prométhée qui porterait le plus pour ce second coup à porter. Les années passent... Ce qui pourrait m'arriver de plus heureux en ce moment, ce serait de ne pas recevoir de nouvelles commandes, puisque je n'ai pas l'énergie de refuser celles qui m'arrivent... Qui aurait cette énergie, ayant les charges que j'ai? Le Mur de Prométhée, c'est au moins une année à ne faire que cela. C'est même deux années, en comptant la statue et les grands hauts-reliefs de la base et toute l'étude qu'il y a à faire.

Mais ce soir, je vais lire la Chanson de Roland pour le tombeau Foch. Si cette commande là se fait, j'aurai l'énergie de refuser les autres choses et après je sacrifierai temps et argent nécessaire à la seconde bataille pour le Temple.

4 mai [1930]

Ensemble se sont trouvés aujourd'hui chez moi R[aymond] Isay et M. Locquin. On a parlé bien entendu du tombeau Foch. Isay m'a dit :

— M. Lautier a décidé de suspendre momentanément toute décision pour le monument sur une place de Paris et de faire faire le tombeau. Ce sera certainement chose décidée avant l'été.

Locquin m'a dit :

— Je ne comprends rien à l'attitude de Lautier. Nous attendions tous que cela vienne. Je lui en avais parlé. Tout le monde est d'accord et Lautier lui-même m'avait dit que ce serait voté le dernier jour de la session. Il n'est pas venu. Il y a un député (je ne me souviens plus de son nom), qui veut lui poser une question, pourquoi ça n'a pas été mis au concours. Mais c'est sans importance.

Lautier a peut-être raison de manœuvrer pour ne vouloir aucun débat. D'ailleurs R[aymond] Isay doit me l'amener un de ces jours prochains. Je crois que finalement tout s'arrangera et que je réaliserai tout mon programme, y compris le Temple. Je me sens entouré d'amis vraiment dévoués. Comment le reconnaître. Seul on ne peut rien si des sympathies vraiment agissantes ne vous entourent.

Pendant notre réception on me remet une dépêche d'Alger signée des Bouisson et des Thomson après leur visite au monument aux morts, et m'en félicitent. C'est vraiment plus que gentil.

5 [mai 1930]

Visite de deux jeunes architectes, élève de Deglane. Ils venaient me demander de collaborer avec eux à la partie sculpturale du projet qu'ils font (2° degré) pour le concours de la place, porte de S[ain]t-Cloud. Évidemment c'est tentant. Il n'y a que deux projets retenus. Le leur et celui des Rapin. Mais il faut que ce soit rendu pour le 2 Juin! Perplexité! Si j'avais la commande du tombeau, je n'hésiterais pas à refuser.

Travaillé avec la petite Combet à la France Chalmont. Difficile, terriblement, ces statues [2] allégoriques. Fait aussi quelques retouches encore au bas-relief de Grasse.

6 [mai 1930]

Passé hier soir, soirée très intéressante au théâtre Pigalle où jouait une troupe japonaise. Jeu remarquable. D'un réalisme parfois excessif. On jouait des pièces anciennes. Costumes étonnants. Par moment vraiment on voyait s'animer devant soi des estampes d'Hiroshige ou d'Utamaro. Ces gestes, ces contorsions, ces grimaces, ces violences au service de pièces d'une moralité attendrissante. Il y avait là Darras à qui je dis un mot de la visite reçue dans l'après-midi. Sa réponse m'incite à la prudence.

Visite de Charles Meunier et sa charmante femme. Je commencerai son buste la semaine prochaine. (Ne pas oublier d'écrire à Bréguet).

Bon travail au bas-relief Grasse que je passe mon temps à déclarer fini et sur lequel je passe encore beaucoup de temps aussi à des retouches qui améliorent.

Aussi à l'esquisse France Chalmont qui me semble bien, ce soir. Mais demain?

9 [mai 1930]

Nous ne sommes que contradiction. Moi en tout cas. Au moment où je me sens la nécessité de me réserver du temps pour entreprendre le Mur de Prométhée, voilà que j'accepte d'étudier la sculpture pour ce projet de décoration de la porte de Saint-Cloud, dont sont venus m'entretenir hier les deux jeunes auteurs, Billard et Pommier. Très difficile d'ailleurs. Si le tombeau Foch était décidé, je n'aurais sûrement pas accepté. C'est dur d'assurer tout à la fois l'existence autour de soi et de se réserver les moyens de réaliser une œuvre aussi importante. Les travaux que j'ai, occupent tout mon temps. Mon rêve occupe tout mon esprit, et l'entreprendre occuperait toute ma vie.

10 [mai 1930]

Je me demande si la Victoire de Chalmont ne ferait pas bien, désaxée, remplaçant une des deux stèles. Taillens à qui j'en parle ne partage pas beaucoup mon avis. Il est vrai que les aspects des dessins sont trompeurs. D'où les graves erreurs de bien des jugements de concours.

Parlé aujourd'hui à l'Académie avec Hourticq du Temple. Il va en reparler à Bosworth. Peut-être lui reparlerai-je moi-même. Il faudrait maintenant en parler aussi à M. Tuck. Je crois qu'il ne demanderait pas mieux que de participer. Des souscriptions sont déjà promises par M. Blumenthal, par David-Weill. Il y a des points de départ. Mais que donneront-ils?

Quant au tombeau de Foch, Paul Léon à qui j'en parle aujourd'hui, me dit qu'il n'y a pas eu moyen de le faire passer. J'ai eu l'impression qu'il était mal renseigné.

Mariage de Dezarrois, aux Invalides. Déjeuner avec Riou, toujours beau et qui ne pense et ne parle que de sa campagne électorale.

11[mai 1930]

Au fond je perds mon temps à travailler à cette décoration de la porte de S[ain]t-Cloud. C'est de la décoration pour de la décoration et ce n'est pas dans mon tempérament.

12 [mai 1930]

Retour de Muret où tout va bien. Je pense bien que tout sera terminé en juillet. Retournerai dans une quinzaine me mettre au travail sur place. Mais je reviens avec de bonnes idées pour la fontaine de la porte de S[ain]t-Cloud. L'erreur du projet actuel est la trop grande importance donnée à l'eau. Un pareil jet, sur une place, est impossible. Tout le monde serait arrosé. Le problème est d'arriver au même effet avec des formes. Ce n'est pas impossible en adoptant le parti d'exécuter tout cela en verre. Ce ne doit pas être impossible. Et alors ce serait d'un étonnant effet. C'est la stylisation d'un jet d'eau. Alors la base ronde devient possible, en la traitant aussi en verre. Le soir tout cela s'illuminerait et cela ferait deux pylônes de feu, d'où l'eau cascaderait doucement. Fait dans le train des petits croquis satisfaisants.

13 [mai 1930]

Il est donc vrai qu'en art, comme dans tout, il n'y a pas plusieurs bonnes solutions, mais une seule. Mes deux jeunes architectes m'apportent aujourd'hui des croquis de la porte de S[ain]t-Cloud, presque identiquement semblables à ceux que je dessinais hier dans le train de Muret. Nous avons travaillé tout l'après-midi et nous nous sommes séparés fort satisfaits. Je crois vraiment qu'il y a tous les éléments d'une belle chose, nouvelle et raisonnable, audacieuse, avec de beaux thèmes à sculpture. Sculpture assez spéciale, puisqu'en verre et agrémentés de couleur. Sacré métier. Tout finit toujours par devenir intéressant.

14 [mai 1930]

Coup de téléphone imprévu m'annonçant pour demain à 5 heures la visite de Mme Prince avec M. Lautier...

Bon travail. J'ai tout abandonné pour ce projet porte de S[ain]t-Cloud. Réaliser ces deux énormes pylônes de verre, base sculptée et coulée en verre également, verres colorés, aussi bien le jour que le soir (expression parfaite de la fontaine lumineuse), ce serait d'un somptueux étonnant, et cela vaut d'être tenté.

Visite du ministre de Chine qui m'arrive avec le ministre français partant pour la Chine et Pelliot et un docteur chinois dont je ne me souviens plus du nom. Tout va bien. Nous parlons de la réception qu'organisera le ministre de Chine à mon atelier quand ce sera terminé, fin juin ou premiers jours de juillet.

15 [mai 1930]

Travail toujours à mon pylône de verre, plutôt à mon jet d'eau. Trouvé mes thèmes décoratifs. À la base de l'un : La Seine apporte à Paris les richesses de la terre. À l'autre : Paris, ville d'art, ville de travail. Il faut là des sujets prêtant surtout à des arrangements agréables. Le type de la chose décorative pour la chose décorative. Ce n'est pas beaucoup dans mes directives[3]. Mais vraiment je crois que nous tenons-là quelque chose de bien nouveau, qui ne fera pas art décoratif 1925. Mais il faudra d'abord réussir. Maintenant le parti est arrêté. Il faut maintenant exécuter et finir.

Deux visites imprévues. D'abord Martial, il venait, de son initiative m'a-t-il dit d'abord, puis il m'a avoue être envoyé par Sicard, pour me faire signer une pétition demandant au ministre de commander à Sicard un morceau de sa fontaine de Sydney, "afin que la France conserve quelque chose de cette œuvre magnifique"! C'est assez énorme. Cela m'a rappelé Bourdelle faisant signer aussi une pétition pour qu'on élève sur une place de Paris son Alvear. J'ai signé, parce qu'on prend toujours la carte forcée.

Deuxième visite : À deux heures, envahissement de l'atelier par les Prince qu'accompagnaient le général Pershing, le président du Sénat américain, des dames, qui sont venues rejoindre M. et Mme Frank, les neveux de M. Tuck. Je n'attendais Mme Prince qu'à cinq heures avec M. Lautier. Elle me dit qu'elle reviendra en effet. Examen du buste de M. Prince, toujours le même homme, incapable de rester en place. Examen de la maquette du monument qui, je commence à le croire, finira par s'exécuter pour Washington, dans la cathédrale nouvelle. Le général Pershing me dit qu'il viendra poser dans quelque temps. Il est beau. Aspect très froid. De ces hommes qui ne disent rien. Ils impressionnent parce qu'on leur imagine de profondes pensées. Le plus souvent c'est qu'ils ne pensent rien.

Et Mme Prince est revenue à 5 heures, attendant Lautier. Elle voulait q[uel]q[ue] chose de lui pour le monument de Garches. J'ai cru discerner qu'elle voulait obtenir un terrain pour élever le monument de son fils. Chacun poursuit son but. Quant à Lautier, il m'a semblé complètement ahuri. Il a l'air fatigué. Le bas-relief de Grasse m'a paru l'éveiller. Je lui ai montré l'esquisse Foch, comme si l'exécution ne faisait pas l'ombre d'un doute. Il ne m'a d'ailleurs fait aucune allusion à des difficultés. Je saurai certainement dans quelques jours par Isay, ses impressions. Lily prétend que c'est un homme qui ne doit être sensible qu'à d'aimables petites nudités. C'est bien possible.

16 [mai 1930]

Enfin reçu la pierre du monument Paul Adam.

Ce projet porte de S[ain]t-Cloud me prend de plus en plus. Reçu la visite d'un verrier. J'ai un aperçu de la sorte de travail. Très gros intérêt technique. Le projet est possible. Ce serait vraiment nouveau et féerique. Visite d'Armand Dayot. Très intéressé. Il me dit en me quittant :

— Je connaissais pas mal de vos œuvres, mais vraiment, je ne vous connaissais pas.

J'espère que l'étude d'Isay pourra paraître dans sa revue. Ce serait très bien. Nous avons parlé de Dardé. Il en parle avec bienveillance et clarté. Il dit :

— C'est un élément. Aucun esprit critique. Un jour ou l'autre, il peut sortir quelque chose d'extraordinaire.

Je le crois. Il fait, parait-il, des eaux-fortes étonnantes. Il a des qualités. J'aimerais voir l'atelier de cet homme. Son allure, son attitude sont assez antipathiques. Je sens tout de même là un tempérament. Nous nous arrêterons un jour dans son atelier près de Lodève.

17 [mai 1930]

Visite chez nos toulousains qui vont exécuter les stèles de Muret. Tout ça va aller à peu près.

Déjeuner chez Louis Artus. Les Albert Besnard, les Gillouins, les Cappiello, A[lbert] Sarraut et une Mme Lefranc qui parait fort intelligente et probablement assez singulière. Déjeuner intéressant. A[lbert] Sarraut est très inquiet de ce qui se passe aux Indes. Il ne croit pas que les Anglais s'en tirent. Leur attitude si méprisante pour les Indous finit par porter ses fruits.

À l'Institut, je parle à Defrasse du projet des jeunes Billard et Pommier. Je trouve un homme très hostile au projet de fontaines de verre. Trop nouveau. Il s'effraie. En fait, manque total d'imagination. Mais cela me donne un aperçu de la mentalité du jury. Justement inquiété, j'en parle à Pontremoli chez qui je trouve la même mentalité. Il faudra donc être prudent. concours! Quelle sottise.

Téléphone avec R[aymond] Isay. Il parait que Lautier lui a parlé de la manière la plus emballée de sa visite. Il lui aurait même dit :

— C'est certainement notre premier sculpteur.

Je ne peux plus faire autrement que de penser du bien de lui....

18 [mai 1930]

Essai d'arrangement d'une vasque avec les deux jeunes architectes. Defrasse et Pontremoli sont aussi pompiers l'un que l'autre. Nous sommes en pleine banalité. Il vaut mieux risquer d'échouer avec un bon projet que de faire d'aussi plates concessions. Néanmoins nécessaire d'essayer d'extraire le maximum de ce parti.

19 [mai 1930]

En attendant, j'ai aujourd'hui enlevé la série des huit figures de la vasque de la Seine. Huit figures qui seraient très amusantes à exécuter.

La grande G.H. vient me voir et me raconte d'amusantes histoires sur les mœurs féminines d'Yvonne Serruys. De plus elle boit dur. Elle l'a vue un jour tomber ivre-morte. Le pauvre Pierre Mille en pleurait.

21 [mai 1930]

M. Nénot, bien que le plus âgé, est d'un esprit autrement ouvert que Defrasse et Pontremoli. Je lui ai posé la question pour les fontaines de la porte de S[ain]t-Cloud. Il a trouvé l'idée d'exécution en verre, une excellente idée. Il n'approuve pas la forme donnée au grand motif. Il le trouve mou. Il voudrait des arrêts plus nerveux. Il a sans doute raison. J'ai fini les seize figurines. Je crois qu'elles sont amusantes. Massé la grande frise de la Seine. Dans tout cela, il y a de bons points de départ. Je peux me tirer aussi bien que n'importe qui d'une décoration pour une décoration. J'ai demandé aux architectes de venir demain matin, pour leur soumettre une idée d'arrangement de cette partie supérieure, qui donnerait des jeux de jets d'eau, sans grandes masses et amènerait ensuite à la solution en verre qu'il ne faut pas perdre de vue.

Visite de M. Kao Lou. Il voudrait faire, avant le départ de la statue pour la Chine, une réunion et pour cette réunion publier une brochure rappelant l'historique de l'exécution de cette statue, avec de nombreuses photographies.

Visite d'une Madame de Meyer, amie d'enfance de Lily. C'est une allemande, qui semble fort intelligente et m'a couvert d'éloges.

23 mai [1930]

Dîner hier soir chez les Gregh. Nous y retrouvons Montherlant disparu depuis si longtemps. Il n'est pas très changé physiquement. Comme tenue, il est devenu très "gens de lettres" mais "gens de lettres" arrivé. J'ai peine à croire ce qu'on raconte de ses mœurs. Il est victime de l'attitude littéraire qu'il a voulu prendre. Je continue à le trouver très sympathique et je souhaite que son prochain ouvrage qui s'appellera la Rose des sables, ne soit pas déconcertant comme les derniers. Gregh a raconté quelques amusantes anecdotes sur Barrès. À Metz où il était, le jour de l'entrée des troupes françaises (1918), il rencontre Barrès qui lui dit :

— Vous êtes ici pour Le Gaulois [4]? Eh bien! si vous pouvez dire dans votre article que j'étais là, ça ne me sera pas désagréable!

Après le défilé des troupes, Gregh retrouve Barrès et plein d'enthousiasme :

— Eh bien! Barrès, c'est le couronnement de toutes vos campagnes (littéraires), vous devez être ému!

— Ah! mon cher, répond Barrès, comme ces festivités sont ennuyeuses!

À propos de Mallarmé et Valéry il disait :

— Être obscur quand on a rien à dire, c'est grave, mais être obscur quand on a quelque chose à dire, c'est impardonnable, (cité par Montherlant).

Montherlant a recueilli quantité de mots de Barrès. Dans ces écrits il se tenait, mais se laissait aller dans les conversations privées. Il adorait, paraît-il, par raffinement de rosserie, quand il parlait d'un de ses confrères, prononcer son nom en l'écorchant, comme s'il s'agissait d'un nom prononcé rarement, etc. Tout ça pas très intéressant.

Presque terminé mon esquisse pour cette porte de S[ain]t-Cloud[5]. Ce serait amusant, très, à exécuter.

24 [mai 1930]

Matinée à courir de ci de là, chez les élèves dispersés, à l'École, etc. Après-midi aux esquisses de la porte de S[ain]t-Cloud. L'architecturier a terminé la vasque. Effet déplorable. Si ça reste, tout est fichu.

25 [mai 1930]

Toute ma journée à l'esquisse "la Seine" pour la porte de S[ain]t-Cloud. Cela irait, si ce n'était cette vasque qui fait l'effet d'un coup de guillotine!

25 [mai 1930]

Déjeuner assez intéressant chez le Dr Roussy. Un docteur de Montpellier me demande si je n'ai pas des attaches dans le midi, car dans sa jeunesse il entendit fréquemment mon nom. Je lui dis[6] que mon père et l'oncle Paul firent leurs études à Montpellier. Ils étaient reçus dans sa famille.

26 [mai 1930]

J'avais demandé à mes deux jeunes architectes de venir voir la maquette. Ils sont arrivés avec le jeune Rabaud. Ce jeune homme me parait bien sûr de lui. C'est lui qui me semble pousser ses camarades à cette grande vasque. Ils sont partis à 9 h sans avoir su prendre une décision. Je me suis lancé là, dans une aventure qui se terminera par un échec. Demain je dois aller voir les dessins chez Defrasse.

27 [mai 1930]

Aussi bien en dessin qu'en maquette la grande vasque est désastreuse. Enfin décision est prise de la supprimer. Le couronnement sera constitué par un groupe d'oiseaux jetant de l'eau, petits jets d'eau légers qui disparaîtront à l'intérieur du fût, pour ressortir au dessous de la partie sculptée.

29 [mai 1930]

Terminé la maquette : "La Seine", et la maquette de la "Ville de Paris" est à peu près composée.

30 [mai 1930]

Je rentre désolé de ma visite[7] à mes deux architectes. Malgré ce dont nous étions convenus, ils ont exécuté leurs dessins avec cette vasque, des masses d'eau, etc.

Soirée fatigante et inutile à ce banquet organisé par Sabatté.

31 [mai 1930]

Heureusement Defrasse aujourd'hui, a conseillé, comme moi, à ses élèves, la suppression de la vasque sur les cylindres. C'est décidé. Enfin! Nous pouvons gagner maintenant. Mais quelle bousculade.

 

[1]    . Suivi par : "J'ai la sensation que", raturé.

[2]    . Au lieu de : "figures", raturé.

[3]    . Au lieu de : "principes", raturé.

[4]    . Au lieu de : "Gil Blas", raturé.

[5]    Sources de la Seine.

[6]    . Au lieu de : "rappelle", raturé.

[7]    . Au lieu de : "de l'atelier", raturé.