Juin-1930

Cahier n°27

 

1er [juin 1930]

Aujourd'hui, à notre dimanche, devant l'esquisse Foch, M. Borel disait :

— Plusieurs collègues trouvent qu'il est trop tard pour demander des crédits alors que le monument est déjà commandé...

À propos des manifestations oratoires de Mussolini il disait que l'avis de Briand était de faire semblant de ne pas s'en apercevoir.

2 [juin 1930]

Dîner à l'ambassade Chine. Menu chinois. Presque que des convives chinois. En face de moi cependant, une française au visage fatigué, qui a dû être fort belle, aux traits largement marqués, sans apprêt, très près de ce qu'il faudrait pour la butte de Chalmont.

3 [juin 1930]

L'après-midi, je cesse d'être concurrent au concours porte S[ain]t-Cloud pour devenir juré au concours de la Marne. Projets faibles. Pas de décision. Mais je suis choqué de l'impudeur de certains. Voici ce Bacqué qui va de droite à gauche. Son projet est un démarquage de mes Fantômes. D'ailleurs mal arrangé. Avis général.

4 [juin 1930]

Les projets à l'Hôtel de Ville. Naturellement je vais voir le projet Rapin-Bouchard. Rendu adroit. Mais comme c'est petit, et comme ces vases font mal. Réédition des vases de Patout à l'Exposition de 1925[1]. La décoration d'une grande place publique doit répondre à deux objectifs : d'abord produire un effet de loin, ensuite intéresser de près. Le défaut principal du projet Rapin est de n'avoir aucun aspect[2] de loin. Autre défaut : Cette place de la porte de S[ain]t-Cloud est une entrée de ville et d'une grande ville. Deux vases ne constituent pas les motifs d'une entrée de ville. Enfin dans le détail, l'étude fait penser à des petites fontaines, plutôt même à de petites piscines pour des coins de jardin, même des intérieurs.

Il parait que Rapin est sûr de son affaire. Le projet de mes jeunes collaborateurs est pourtant nettement mieux, et ce n'est pas un de ces projets passe-partout comme l'autre. Ce qu'il a de plaisant, c'est les aspects divers qu'il pourra prendre. De loin, même sans les effets d'eau, il vaudra par sa silhouette monumentale. Puis il se complétera par les jeux d'eau, soit les petits, soit les grands, pour les jours de grandes fêtes. Voilà déjà trois aspects. Enfin il y a les effets de soir, avec les fontaines lumineuses. Cela est autrement souple et gai que cette idée singulière et d'un modernisme bien primaire de transformer la nuit des vases décoratifs en réflecteurs contre avions. Ces deux faisceaux lumineux rigides, comme ce serait laid. Je crois que nous gagnerons.

Écrit à Paul Léon pour lui suggérer de confier à Bigot le monument Mondement en faisant exécuter la sculpture par les sculpteurs primés hier.

5 [juin 1930]

Un téléphone de Lagriffoul, le conseiller général, m'apprend vers onze heures que c'est notre projet qui a obtenu le plus de voix. Je suis dans la joie. À midi un nouveau téléphone de Morizet confirme. On les avait invités à assister au jugement, car c'est parait-il la municipalité de Boulogne qui avait eu l'initiative de ce concours. De mon côté j'ai appelé Martzloff qui confirme également. Je suis dans la joie. Et cette fois-ci, je ne dissimule pas un petit sentiment de satisfaction d'avoir réglé ce Rapin, qui hier, tellement satisfait de lui-même, n'a jeté qu'un regard méprisant sur notre projet, tandis que je suis venu regarder avec soin le leur. Ce Rapin dont toute la bande m'avait tellement brimé, il n'y a pas d'autre mot, pendant l'Exposition de 1925, ce Rapin qui se pose en seul décorateur moderne, qui n'admet que ceux de son entourage, dont je sens l'amabilité de pure surface.

Bottiau vient me voir. Esprit d'aujourd'hui. Il venait me demander s'il ne devait pas faire agir un de ses amis sénateur pour avoir le m[onument]t de Mondement. Je lui ai dit qu'ainsi il gâterait son affaire, mais qu'il patiente et que les choses s'arrangeraient, comme je crois, à sa satisfaction.

Autre visite, ce cher Bigot. Mais il est énorme. Il voudrait, le concours[3] Mondement n'ayant pas donné de résultat, qu'on réunisse en un seul les deux budgets prévus pour les deux monuments, Mondement et Meaux et qu'on lui commande sa grande Victoire... Il me demandait d'agir dans ce sens. Je lui ai expliqué comment semblable combinaison était impossible et l'ai mis au courant de ce que j'avais écrit à P[aul] Léon.

6 [juin 1930]

Retour des maquettes de la porte S[ain]t-Cloud[4]. Il y aura des corrections à apporter, étaler le projet en longueur. Trouver autre chose pour la partie supérieure. Ces grands hérons, ce n'est pas très heureux. Supprimer, sinon complètement, tout au moins en partie, les petites figures des margelles. Simplification de l'architecture. Mais le principal, les frises cylindriques restent très satisfaisantes et rendront à l'exécution.

7 [juin 1930]

Zina Lafont venue voir Lily[5] nous reparle du tombeau Foch. Il parait qu'il y a un député dont elle ne s'est pas rappelé le nom, très hostile, décidé à intervenir. Hostile d'abord au principe même. Ensuite à ma personne... et à mon projet. Reproche au projet de ressembler au tombeau de Philippe Pot; à moi, comme membre de l'Institut, d'accepter toutes les commandes. J'imagine qu'il doit s'agir de ce Mistler, dont parlait Isay l'autre jour. Un de mes 600 ministres des Beaux-Arts. Comme si, depuis cinquante siècles que les hommes font des tombeaux, ont cherché toutes les formules possibles dans cet ordre, il était possible de ne pas se rencontrer avec l'une quelconque de ces formules. La seule ressemblance avec le tombeau de P[hilippe] Pot est dans le gisant porté. C'est tellement bête comme reproche. Il n'y a pas d'autre manière de porter un mort. C'est comme si, faisant une statue debout, on reprochait de copier d'autres statues représentant des hommes debout sur leurs deux jambes. Car en fait rien ne ressemble, ni le sentiment, ni le bloc d'ensemble. Rien. Mais je pressentais des stupidités de ce genre, lorsque A[ndré] François-Poncet m'a demandé des photographies. Je les note, avec les noms des serins. Je suis assez jeune pour rendre mon œuvre à venir telle que les noms de ces pauvres jaloux restent marqués.

P[aul] Bigot est dans la joie. Il a vu P[aul] Léon qui lui a demandé de chercher le projet Mondement. Le voilà un peu ragaillardi. Le fait est que dans le dernier mouvement des architectes de l'État, il avait été tenu très injustement à l'écart.

9 juin 1930

Retour d'une petite promenade à Chézy, Chalmont et enfin chez les Gregh à By. Chézy, toujours la même chose, émouvant comme tout ce qui rappelle la jeunesse. Triste aussi cette impression un peu délabrée, de mal soigné que donne cette maison.

À Chalmont, j'ai l'impression que les granitiers fournissent trop de granit violet, alors que je désire et ai toujours demandé du granit rouge, le même que pour les Fantômes. Observation sérieuse à faire.

À By, où nous sommes arrivés hier au soir, nous trouvons Chevrillon. Harlette nous fait dîner à 9 h ½. Le lendemain elle nous fait déjeuner à 3 heures, ayant fait pour nous l'effort énorme de se lever à 11 heures. Ils sont très attachant tous les deux, tous les deux très intelligents, très artistes.

10 [juin 1930]

Je reçois [une] lettre idiote de Bacqué. Cet imbécile (je connais peu de gens ayant une expression aussi serine et satisfaite tout à la fois que ce Bacqué), qui a copié textuellement des gestes de mes Fantômes et même l'interprétation plastique (cette façon de traiter en bas-reliefs les accessoires sur des plans ronde-bosse. Mes premières recherches dans cette voie sur le monument de Grand-Couronne, Bordeaux, aboutissant pleinement sur les Fantômes), ose m'écrire qu'on lui a dit qu'au jugement de Mondement, j'avais dit qu'il m'avait plagié et qu'il ne peut pas le croire, qu'il puise dans son sac, etc. C'est certainement Moullé qui lui a raconté cette histoire. Tout le monde au jury a trouvé cette ressemblance. Le directeur des Beaux-A[rts], le premier l'avait signalée au jugement éliminatoire. Sans la pression de Moullé il n'aurait déjà pas passé cette fois là. Faut-il répondre? C'est le voleur qui crie "au voleur..."

Visite du s[ou]s-préfet de Montreuil[-sur-Mer]. Ils n'ont pas réuni encore la moitié de leur souscription... Jusqu'à présent je trouve les Chinois plus sûrs.

Passé à l'exposition des lauréats de la Fondations Américaine. Quelques bons petits paysages chez les peintres. Les sculpteurs font tous la même chose. Les pièces centrales sont de Traverse, une Ève et le serpent, encore une Ève! et un grand chimpanzé de granit de... je ne me souviens plus du nom de l'auteur, un animalier assez sympathique et ardent, taille directe, etc. Traverse, aussi taille directe. J'aimerais mieux taille indirecte et plus d'originalité et une meilleure construction. Par exemple, très belle matière, impressionnante. Mais partout la même vision, la même façon de traiter les cheveux "en stylisant" (Orlandini, Traverse etc.). À côté, le nommé Gimond qui imite Despiau et fait aussi bien que lui, ce qui n'est pas très difficile. C'est une manière.

Gentil dîner à la maison avec Paul Léon, Madame Long, M. et Mme Behrendt. Paul Léon me parle de Bigot et me confirme qu'il lui confiera le monument.

11 [juin 1930]

Encore une lettre d'un collègue. C'est de Lamourdedieu cette fois [6]. À la réunion générale de la Fondation américaine, parlant avec lui de ce concours de la porte S[ain]t-Cloud dont il fut éliminé dès le premier degré, je lui dis le résultat du premier degré, je lui dit le résultat du deuxième degré. Alors voici qu'il m'écrit pour me dire que c'est lui qui aurait dû exécuter cette décoration, que d'avoir collaboré au projet Billard et Pommier lui portait un préjudice et qu'il n'y avait qu'une solution, que je lui passe une partie de la sculpture. Il parait qu'un des membres du jury lui avait dit qu'il n'y aurait pas de résultat au deuxième degré et que c'est à lui qu'on confierait finalement le travail. Ce membre du jury serait Laurens, fonctionnaire de la Ville. Tout ça est assez énorme. En collaborant au projet Billard Pommier, j'ai empêché, sans le savoir, cette belle combinaison d'aboutir. Encore un pauvre type que ce Lamourdedieu.

Fait enfin ce petit dessin pour Suzanne Pontremoli. Dessiner, c'est un grand bonheur. Nous ne dessinons pas assez. On devrait se réserver au moins une demi journée par semaine uniquement pour dessiner.

12 [juin 1930]

Chez le père Landucci, à l'achèvement du m[onumen]t d'Est[ournelles] de Constant. Très sympathique déjeuner chez les Cappiello avec Madame Halphen et M. Ferdinand Bac. Homme très intelligent. Il a plus de 70 ans. Il se réveille tous les jours à 5 h du matin et travaille dans son lit jusqu'à 11 heures. Il mène ensuite la vie mondaine et se couche à 7 heures du soir. Rendez-vous est pris pour une visite à mon atelier dimanche prochain. Intéressant, l'atelier de Cappiello. C'est un homme charmant. Il a des dons étonnants. Dans son salon, ce portrait de son fils quand il était enfant en petit Bacchus. Dommage d'avoir consacré sa vie à ces cartons d'affiche. Il aurait pu donner un décorateur d'une bien plus grande envergure. Mais on juge toujours les autres. Et soi?

Travaillé au fronton Paul Adam. Puis visite de cette charmante française qui a épousé un polonais et vit en Pologne, Madame Kurnatowska. Ce sont les mêmes existences de gentilshommes terriers qu'aux siècles passés. Cracovie est considérée comme un cercle où l'on se retrouve. Mais chacun vit dans ses terres.

Bigot en fin de journée. Il insiste tellement que je l'emmènerai à Mondement. Nous irons en même temps visiter la région de Meaux pour le troisième monument. Il voudrait que je fasse une partie de la sculpture du m[onumen]t de Mondement! Il ne comprend pas qu'ayant été du jury qui a annulé le concours, c'est impossible. Je lui conseille de la manière la plus vive de ne pas sortir des sculpteurs primés au deuxième degré. Ce serait une grosse faute d'agir autrement.

14 [juin 1930]

Retour de Mondement et Meaux. Évidemment c'est très dommage de ne pouvoir collaborer avec Bigot à ce monument. Nous avons bien examiné le terrain, de près, de loin et l'idée d'une sorte de borne colossale et ouvragée qui nous est venue serait d'un grand effet et expressif. Nous sommes ensuite allés à Meaux où nous avons déterminé un bon emplacement au nord, sur un immense plateau. Sa grande Victoire ferait là de l'effet. Mais que semblable statue serait difficile à traiter. Il voudrait que je fasse ce second concours avec lui. Bien perplexe, et je n'en ai au fond pas très envie.

15 [juin 1930]

Visite de Madame Halphen et de M. Bac. En me quittant il m'a parlé de ce qu'il a vu d'une manière tellement émouvante, j'en suis attristé. J'ai l'impression que je ne réponds pas à ce qu'on attendait de moi. Je laisse les années passer. Je prends goût à gagner de l'argent, à en mettre de côté. Tout ça est si difficile avec tout ce petit monde auquel je suis si heureux de faire une vie agréable. Et moi-même j'aime vivre confortablement. Pourtant il faut, il faut absolument faire un nouvel effort, tout seul.

16 [juin 1930]

Je travaille depuis plusieurs jours à une nouvelle esquisse pour la Victoire de Chalmont[7]. J'en suis en ce moment content. C'est une figure en vêtement moderne, [...] un grand manteau, une cape un peu comme les capes d'infirmières. Est-ce bien?

Au jugement de l'École, voilà que Lamourdedieu vient me parler de sa lettre de la porte de S[ain]t-Cloud. Il me dit nettement ceci :

— Laurens, avec qui je suis très bien, m'avait dit, après le premier jugement de conserver mon esquisse, on essaiera de ne donner aucune décision au second degré, "ou bien on demandera aux architectes d'introduire votre sculpture dans leur projet, et de toutes façons tenez-vous prêt". Alors tu comprends, combien ta personnalité me gêne...

Alors moi, tout de suite, définitivement renseigné sur la combinaison que j'avais détruite sans le savoir, je lui dis que si ça n'avait pas été le projet Billard Pommier, ç'eût été celui de Rapin Bouchard et que de toutes façons on lui avait fait des promesses bien imprudentes. Quant à collaborer avec moi, que notre projet ne s'y prêtait pas. Et je l'ai laissé-là avec son air toujours assez ahuri.

Passé au Salon des Tuileries, en vitesse. Le jeune Bazaine a une bonne toile. Les grands hommes de la sculpture, Arnold, Dejean, Drivier exposent de grandes pièces qui sont des agrandissements à la machine! Quelle fumisterie derrière ce bluff, œuvres banales d'ailleurs, sauf Drivier qui aurait mieux fait de ne pas faire agrandir, le sujet ne s'y prêtant pas, geste assez pittoresque. Devant les bustes de Despiau, j'ai toujours une singulière impression, c'est de les avoir déjà vus. Depuis vingt cinq ans, c'est toujours le même buste qu'il expose. C'est d'ailleurs bien, surtout un, doré.

Reçu lettre émouvante de F[erdinand] Bac.

17 [juin 1930]

Au Mans, où tout marche normalement.

18 [juin 1930]

Repris le buste du docteur Legueu.

Bigot m'apporte ses premiers dessins Mondement. C'est très bien. C'est un immense menhir, orné de bas-reliefs et d'inscriptions dans les parties basses avec une grande Victoire en haut, qui semble comme voler d'un bout du front à l'autre. Il insiste pour que je fasse cette Victoire. Comme je lui en redis l'impossibilité, il me dit qu'il la proposera à Bouchard. Comme lui aussi était du jury, je doute qu'il accepte. Il aurait tort d'accepter. Bigot me dit ne pas aimer ma nouvelle esquisse Victoire de Chalmont. Je l'admire trop pour ne pas être troublé.

Au banquet des Artistes décorateurs, Isay me dit que Lautier voudrait passer le projet du tombeau Foch à un autre ministère, la Guerre ou l'Intérieur. Je tâche de ne pas trop penser à cette histoire. Elle m'ennuie pourtant beaucoup. Je n'avais pas demandé cette commande.

Fini la soirée chez H[enri] de Rothschild. Quelle merveilleuse demeure et quelle collection! Il y a un portrait d'une sorte de Pierrot par Boucher. Il y a là une main peinte en clair obscur, avec des reflets verts d'une finesse de ton incroyable. C'est absolument vrai qu'aujourd'hui on ne sait plus peindre.

20 [juin 1930]

Porté aujourd'hui à P[aul] Léon mon rapport sur l'emplacement du second monument de la Marne. Puis, comme je lui parlais du tombeau Foch, il me dit :

— Mais c'est Lautier, il met dans son tiroir toutes les affaires dès qu'elles offrent la moindre difficulté. Et il n'y a plus moyen de les en sortir. Il ne veut absolument rien faire en dehors de recevoir ses amis et ses petites femmes.

Je suis agacé. On m'avait tellement répété, F[rançois]-Poncet et Lautier lui-même, que tout le monde était d'accord, que ça allait tout seul. Que c'est agaçant de se trouver soudain en présence de cette inertie.

21 [juin 1930]

Journée perdue. Je suis allé à Chantilly à l'inauguration de cette statue du père Joffre où j'espérais rencontrer le général Weygand. Je n'ai pu le joindre. Je voulais lui parler du tombeau[8]. Journée perdue. Mais nous avons rencontré Brunschvicg. Une conversation avec lui n'est jamais du temps perdu et nous avons été revoir le musée. Ce n'est pas non plus du temps perdu.

23 [juin 1930]

J'ai quand même presque terminé le fronton Paul Adam. La deuxième partie du b[as]-r[elief] de Grasse se monte, et le cheval grandeur définitive [9], également.

Puis une fin d'après-midi amusante [10] à la fête nautique des artistes de théâtre. concours de costumes de bain qui fut l'occasion de voir de jolies femmes à peu près nues. Le gentil docteur Heitz-Boyer était très excité.

27 [juin 1930]

Retour de Muret où j'ai achevé sur place dans la pluie, les parties supérieures du mon[umen]t Ader. J'ai commencé à faire déséchafauder. Je crois que ça portera. Mais j'ai encore beaucoup à faire. Je retournerai là-bas, la semaine prochaine, pour y rester jusqu'à l'achèvement.

Je n'ai pas pu réaliser le programme que je m'étais fixé pour aujourd'hui. Arrivé à 9h moins le ¼ à la gare, la voiture m'attendait. J'avais donné rendez-vous à Taillens et Rouge. Rouge est arrivé en retard. Nous sommes partis à 9 h ½ et à 11 h ½ nous étions à Chalmont. Là, nous avions rendez-vous avec Étienne et Pravata. Ils sont arrivés aussi en retard. De sorte que tout a été décalé. Je voulais rentrer à Paris pour quatre heures, où j'avais rendez-vous avec le docteur Legueu, pour une séance. Faire une séance de portrait après une nuit de chemin de fer et une pareille randonnée en auto eut été sportif. J'ai dû renoncer et je lui ai téléphoné de Château-Thierry.

Renoncé également au banquet de la Société des Artistes français. Téléph[one] de Bigot. Il a montré ses projets au directeur qui en est, parait-il, très content. Moullé assistait à l'entrevue. Il aurait prononcé le nom de Bouchard à P[aul] Léon et parait-il celui-ci n'aurait pas vu dans le fait que Bouchard était du jury une impossibilité. Bigot va en parler à Bouchard. Je ne pense pas qu'il accepte. Il se ferait du tort. Il ferait mieux de faire avec Bigot l'autre concours. Moi, je resterai dans le jury et les aiderai. Quant aux sculpteurs du concours on leur donnerait les bas-reliefs de la base...

28 [juin 1930]

En me rendant avec Bouchard à l'École, je lui parle éventuellement des intentions de Bigot. Il me dit qu'il n'aura aucun scrupule à accepter bien qu'il ait figuré dans le jury.

— Aucun scrupule vis-à-vis de ces types, me dit-il. Ce sont des sales types qui ne m'épargnent pas. Si on crie, tant pis. On les laissera crier.

Il a un peu raison à ce point de vue, mais il aurait tort d'accepter quand même.

30 [juin 1930]

Aujourd'hui, à la distribution des récompenses au Salon parlé avec Moullé du classement des routes conduisant à Chalmont. [Il me] conseille de voir Verdier.

 

[1]    . Suivi par : "Une composition décorative", raturé.

[2]    . Au lieu de : "est de ne produire aucun effet", raturé.

[3]    . Au lieu de :"monument", raturé.

[4]    Sources de la Seine.

[5]    Amélie Landowski.

[6]    . Suivi par : "J'arrive en", raturé.

[7]    Les Fantômes.

[8]    Foch.

[9]    . Suivi par : "se monte", raturé.

[10]  . Suivi par : "au concours de", raturé.