Mai-1956

 

21 mai [1956]

Dans la nuit du 6 au 7 avril, j'ai été réveillé par une douleur terrible, comme si j'étais pris dans un étau qui serrait de plus en plus. Douleurs dans les épaules, descendant tout le long des deux bras, jusqu'au bout des doigts. Infarctus du myocarde! Condamné à un mois d'absolue immobilité. Paulette[1] malade. W[eill]. absent. Avons appelé Didier Hesse. Venu immédiatement. Qui a appelé le lendemain matin Mathivat, spécialiste cardiologue. Maintenant je reprends mon activité. Très réduite.

Entre temps, le dimanche 13 mai a été inauguré le malheureux monument du Trocadéro[2]. Avec succès, paraît-il, quand même!

28 mai [1956]

Téléph[one] de Louis Muller à Lily[3]. Il a appris que le Fig[aro] voulait faire confier le monument du Trocadéro à R. Martin. Il espérait faire annuler les décisions du Comité. Tout ça serait sans importance si mon monument était comme j'étais capable de le faire. Hélas! j'ai été au-dessous de moi-même. C'est là, le vrai désastre.

30 mai [1956]

Élection de Louis Aubert. C'est un homme charmant. Son bagage est assez mince. Mais il est âgé : pourquoi Büsser a poussé sa candidature.

31 mai [1956]

Marcel[4] revient de Toulouse. À échappé à un sérieux accident d'auto. La soirée son et lumière a été un succès. Mais les organisateurs ne lui ont absolument rien payé, malgré les conventions.

Propos de Théodore Rousseau : "Le peintre ne fait pas naître le tableau sur sa toile. Il enlève successivement les voiles qui le cachent". Ça ne veut rien dire.

 

 

[1] Paulette Landowski.

[2] A la Gloire des armées françaises.

[3] Amélie Landowski.

[4] Marcel Landowski.